JetBlue Airways, la seule compagnie aérienne américaine reliant directement Haïti à la Floride du Sud et à New York, a décidé de prolonger la suspension de ses vols quotidiens entre les États-Unis et Haïti jusqu’à la fin avril 2025, selon un article de Miami Hérald ce 19 décembre 2024.
« En raison des troubles civils persistants en Haïti, nous avons pris la décision de suspendre tous les vols à destination et en provenance du pays jusqu’au 30 avril au moins », a déclaré Selma Garcia, porte-parole de la compagnie aérienne, au Miami Herald ce jeudi. « Nous continuerons de suivre la situation de près et ajusterons nos plans si nécessaire. »
Cette annonce intervient alors que la Federal Aviation Administration (FAA) a récemment prolongé l’interdiction des vols commerciaux et cargos américains vers Port-au-Prince jusqu’au 12 mars. Cette décision avait été prise le jour même où les autorités haïtiennes ont rouvert l’aéroport international Toussaint Louverture et le terminal Guy Malary pour les vols domestiques.
American Airlines, de son côté, a suspendu ses vols entre Miami et Port-au-Prince pour une durée indéterminée et prévoit de réexaminer cette décision fin 2025.
JetBlue, qui dessert Haïti via Fort Lauderdale-Hollywood et l’aéroport John F. Kennedy de New York, a justifié cette suspension prolongée par des préoccupations liées à la « sécurité et au bien-être des passagers et des membres d’équipage ». La violence des gangs en Haïti pose de sérieux problèmes, notamment après que des avions commerciaux ont essuyé des tirs le 11 novembre.
Ces incidents ont poussé les compagnies American Airlines, Spirit Airlines et JetBlue à suspendre leurs services, tandis que la FAA imposait une interdiction de vol temporaire pour l’ensemble du territoire haïtien, avant d’en exclure certaines régions.
Le cas de l’aéroport de Cap-Haïtien
Seul l’aéroport international Hugo Chávez, situé à Cap-Haïtien, est exempté de l’interdiction de la FAA. Il demeure l’unique point d’accès international pour quitter le pays, mis à part la frontière terrestre avec la République dominicaine. Jeudi, cet aéroport a accueilli son deuxième vol de déportés en provenance des États-Unis, malgré de graves inondations ayant coupé les routes autour de la ville.
L’organisation Haitian Bridge Alliance a vivement critiqué l’administration Biden pour ce qu’elle considère comme une violation flagrante des lois internationales et nationales en continuant les déportations de demandeurs d’asile haïtiens. « Ces actions sapent l’engagement de longue date des États-Unis envers les droits humains et les obligations internationales découlant de la Convention de 1951 sur les réfugiés et de la loi de 1980 sur les réfugiés », a déclaré le groupe dans un communiqué.
Alors que Sunrise Airways continue d’opérer des vols entre Miami et Cap-Haïtien, ainsi que vers les îles Turques-et-Caïques, la suspension des vols commerciaux américains a isolé Haïti du reste du monde. À Port-au-Prince, ceux qui en ont les moyens utilisent des hélicoptères pour voyager, tandis que la majorité des habitants sont piégés dans une capitale en proie à une violence extrême, comme l’illustre l’incendie récent de l’hôpital Bernard Mevs par des gangs armés.
Le gouvernement haïtien s’efforce de convaincre les compagnies aériennes et les autorités américaines que les conditions de sécurité dans la capitale peuvent être restaurées. Toutefois, les récents affrontements entre gangs et le ciblage d’aéronefs rendent cette tâche difficile.
En octobre dernier, un hélicoptère des Nations Unies a été criblé de balles au-dessus d’un quartier contrôlé par des gangs, et plusieurs avions de ligne, dont ceux de Spirit Airlines et de JetBlue, ont subi des tirs similaires. Le cas le plus grave a impliqué un vol de Spirit Airlines, qui, après avoir été touché par des balles à son approche de Port-au-Prince, a dû être détourné vers la République dominicaine.
Pour le moment, JetBlue et les autres grandes compagnies américaines n’ont pas annoncé de date de reprise des vols vers Haïti, conditionnant leur retour à une amélioration significative de la sécurité.
Avec Miami Hérald
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