PubGazetteHaiti202005

Artibonite-Violences: 69 morts et 83 blessés d'octobre 2022 à aujourd'hui, selon l’ONU

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Dans un communiqué de presse datant de ce vendredi 2 février 2022, l’Organisation des Nations Unies via le BINUH s’est dit préoccupée par les violences perpétrées dans le département de l’Artibonite avec le gang armé dénommé base gran grif. L’organisation rapporte qu’au moins 69 personnes ont été tuées par balles et 83 personnes blessées de octobre 2022 à aujourd’hui.



Le tableau dépeint par le Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti est sombre. Le constat est accablant. Les scènes expliquées sont glaçantes et font froid dans le dos. Selon ce communiqué de presse, à l’Artibonite, les gangs ont instauré un climat de terreur, caractérisé par des pillages, assassinats, enlèvements, destructions, extorsions, détournements de camion de marchandise et des actes de viol sur des jeunes filles et femmes dans les communes de Liancourt, Verrettes, Petite Rivière de l’Artibonite et L'Estère.



« Les récoltes et les bétails des paysans sont systématiquement volés. Lassés des exactions de ce gang, des milliers de membres de la population ont fui leurs résidences pour se réfugier dans d’autres communes du département. La brutalité de la violence perpétrée entraîne des conséquences dévastatrices sur la vie des victimes. La peur des représailles, la stigmatisation et le manque de services médicaux et socio-économiques appropriés ne font qu’aggraver la situation », explique le communiqué.



La plus récente vague de violence, selon le BINUH, a eu lieu depuis le 25 janvier, quand le gang Baz Gran Grif a lancé des attaques de grande envergure contre le sous-commissariat de Liancourt lors desquels sept agents de la Police nationale d’Haïti ont été tués ce même jour. « Dans la nuit du mercredi 8 au jeudi 9 février 2023, dans la commune de Verrettes (Artibonite), plus précisément dans la ville de Deschapelles, au moins huit (8) personnes ont été tuées par balles et environ une dizaine d’autres blessées, lors d’une attaque perpétrée par le même gang. Au cours de la même attaque, au moins 18 personnes ont été enlevées, une cinquantaine de maisons pillées et des milliers de personnes contraintes de quitter leurs résidences pour se réfugier dans les zones voisines », note le BINUH.



Avec ce climat de terreur, les conséquences n’ont pas pris du temps pour survenir. L'hôpital Albert Schweitzer, situé dans la ville de Deschapelles et qui fournit des services à environ 700 000 personnes dans la région, a suspendu toutes ses activités depuis le 16 février. Plusieurs écoles dans la ville restent fermées et les activités commerciales et de transport en commun ont considérablement ralenti depuis ces séries d’attaques.



De plus, les policiers affectés aux Commissariats et Sous-commissariats de police tels que Liancourt, Petit-Rivière de l’Artibonite, Désarmes, Verrettes et l’Estère ont été contraints de fermer les portes de l’institution sous les menaces des gangs armés y opérant.



L'ONU dit condamner avec fermeté ces actes de violence des gangs contre la population tout en exprimant sa préoccupation pour les milliers de personnes déplacées. « Il est également alarmé par la rapidité avec laquelle le gang a étendu ses activités à de nouvelles zones, et par l'abandon par la police dans plusieurs communes du département. Ce cycle de violence doit absolument être arrêté. Nous enjoignons aux autorités de tout faire pour protéger les habitants de la région ainsi que leurs biens, et de se doter des moyens pour traquer ces malfaiteurs et les punir selon la loi », ajoute le communiqué.



Dans un communiqué de presse hier, la Police Nationale d'Haïti a indiqué que les policiers sont retournés au commissariat de l’Estere pour protéger la population. Cependant, aucun plan n’a été mis en place pour contrer les gangs armés de cette région.


 

 

 

Par : Daniel Zéphyr

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