PubGazetteHaiti202005

En Haïti, le haut commissaire des Nations Unies,  Volker Türk dresse un constat accablant des droits de l’homme, appelle à une force multinationale

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Le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme Volker Turk a bouclé ce vendredi 10 février 2023 sa visite officielle de deux jours en Haïti. En conférence de presse ce vendredi au salon diplomatique de l’Aéroport Toussaint Louverture, M. Turk qui a peint un tableau sombre de la situation des droits de l’homme en Haïti, appelle à une force multinationale en Haïti pour atténuer la violence des gangs qui ne cesse de prendre de plus en plus de proportions.

 

Après 2 jours de rencontre et de visite dans certains quartiers de Port-au-Prince, la mission du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme Volker Turk a pris fin. Au salon diplomatique, M. Turk n’a pas mâché les mots pour dresser un constat de la situation des droits humains en Haïti.

 

« Le monde a besoin d’entendre ce dont j’ai été témoin. Dans la capitale et dans de nombreux quartiers, les gangs contrôlent l’accès à l’eau et la nourriture. L’enlèvement est monnaie courante. Une personne sur deux est confrontée à la faim et n’a pas accès à l’eau potable. Les prisonniers meurent de malnutrition, de cholera », expose Volker Turk, soulignant que les problèmes sont vastes.

 

 

Volker Türk dit avoir rencontré des enfants de Cité-Soleil ayant été victimes de la fureur des gangs dont un vivant avec une balle dans la tête. « Je vois un peuple qui a une longue histoire de résilience. J’ai entendu un appel à l’aide, un SOS lancé par la communauté haïtienne de plus en plus malmenée », alerte -t-il.

 

 

Volker Turk a rapporté que des gangs ont distribué des machettes à des membres de la population civile pour se défendre contre des gangs rivaux. « On estime que quelque 200 gangs opèrent dans tout Haiti », rapporte-t-il, regrettant que « les institutions haïtiennes précisément la Police Nationale d’Haïti (PNH) n’aient pas les moyens nécessaires pour contrecarrer la problématique, seules ».

 

En vue de redresser la barre, il appelle la communauté internationale à « envisager d'urgence »  l'envoi d'une force de soutien spécialisée en Haïti pour aider la Police Nationale d’Haiti à mater les gangs.

 

« La Police nationale d'Haïti a besoin d'un soutien international coordonné immédiat à la hauteur des enjeux pour renforcer sa capacité à répondre à la situation sécuritaire d'une manière conforme à ses obligations en matière de droits humains », a déclaré le commissaire Volker Turk.  Je demande également à la communauté internationale d’engager d’urgence le déploiement d’une force d’appui spécialisée dans les délais précis avec un plan d’action précis ».

 

« Ce déploiement doit s’accompagner d’un rétablissement rapide et durable des institutions publiques », précise-t-il tout en exigeant une réforme totale des institutions judiciaires.

 

 

 

 

Le gouvernement haïtien a demandé en octobre une «force armée spécialisée» pour aider à combattre les gangs armés qui avaient bloqué le terminal Varreux. Peu de temps après, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a proposé qu'un ou plusieurs pays envoient une telle force pour aider la police haïtienne à éliminer la menace que représentent les gangs.

 

Pour l’instant, aucun pays ne s’est véritablement manifesté. Le Canada s’est montré très réticent malgré quelques actions, ces derniers jours, qui laisseraient croire le contraire.

Dans sa déclaration, Turk a reconnu la longue histoire d'intervention internationale d'Haïti, notamment après les tremblements de terre massifs qui ont frappé le pays en 2010 et 2021. « L'engagement international doit être abordé avec humilité, avec la participation constante et active du peuple haïtien et avec un œil constant sur les plus vulnérables »,
a-t-il déclaré.

 

 

Par ailleurs, Volker Turk encourage le gouvernement « à poursuivre le dialogue par moyen de l’accord du 21 décembre pour apporter des solutions durables à la crise multidimensionnelle que traverse Haïti notamment par la réalisation d’élections rapides et transparentes ».

 

 

 

Durant sa visite en Haïti, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits de l’homme Volker Turk a rencontré des autorités gouvernementales dont le Premier ministre Ariel Henry, le ministre des affaires étrangères et des cultes, de la juste et de la sécurité publique, de la condition féminine, le directeur général de la PNH,  le Protecteur du Citoyen adjoint, des représentants du pouvoir judiciaire, ainsi que des membres d'organisations de la société civile et des victimes de violations des droits de l'homme à Port-au-Prince. Il s’est rendu également à Ouanaminthe, dans le Nord-est du pays, où il a rencontré les autorités locales et des organisations de la société civile.

 

 

 

Par: Daniel Zéphyr

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