Plusieurs acteurs politiques ont réagi suite à l’appel au compromis politique lancé mardi 25 octobre 2022 par plusieurs partis, organisations et entités. De Jean Charles Moise à André Michel, les voix sont discordantes.
A travers une déclaration conjointe mardi, plusieurs représentants de partis, d’organisations et d’entités de divers horizons politiques se sont engagées dans l’objectif de sortir le pays du bourbier politique dans lequel il patauge. Ces structures politiques ont dit être en pourparlers avec Ariel Henry « pour un compromis historique ».
Une démarche très mal vue par le leader de la structure politique Pitit Desalin Jean Charles Moise. En conférence de presse hier jeudi, l’ancien maire de Milot n'est pas allé de main morte pour critiquer une telle démarche. Il y voit une « tentative désespérée » de ces partis politiques pour reprendre la main, après sa décision de former un « Conseil de transition de peuple souverain ».
« Cette démarche précipitée intervient après la formation de notre Conseil de transition. C’est un accord « Kè sote ». Notre proposition fait peur aux ambassades, au gouvernement, aux leaders politiques, etc. Les alliances sont certes une bonne chose pour la démocratie. Mais cette nouvelle coalition prouve que chacun choisit son camp. Ils ont refusé une alliance avec le peuple et se sont positionnés aux côtés d’un gouvernement décrié », a critiqué l’ancien candidat à la présidence.
Steven Benoit, « premier ministre élu » du consensus Montana-Pen-GREH modifié, a été plus amer que Jean Charles Moise. Il croit que ce compromis ne sera qu’une dernière version du PHTK. « Entre temps , le régime PHTK 3 s’apprête à devenir PHTK 4 avec ses nouveaux alliés ! », écrit l’ancien parlementaire sur Twitter. « Je maintiens : Pas de cohabitation avec les dilapidateurs de fonds, pas de cohabitation avec des criminels. Justice pour les victimes des massacres commis par le régime en place ! », poursuit-il, se disant « attaché à l’accord de Montana signé le 30 Août 2021 qui représente le plus large consensus jamais trouvé en Haïti ». « Vive une transition de rupture, non à la corruption et à l’impunité! », ajoute-t-il.
Le SDP, branche André Michel, salue
Le Secteur Démocratique et Populaire, branche André Michel, a salué cette démarche initiée par ces structures politiques. « Le SDP salue l’appel au compromis historique lancé par plusieurs entités politiques. Dans une crise aussi profonde où toutes les institutions républicaines sont dysfonctionnelles, seul le dialogue peut nous permettre de jeter les bases d’un avenir meilleur pour notre Pays », écrit l’allié du gouvernement actuel.
Dans une entrevue accordée au quotidien Le Nouvelliste, l’avocat André Michel a assuré que les membres de la commission de dialogue du 11 septembre sont très impliqués dans ce processus de dialogue. « Nous ferons tout ce qui est possible pour réussir cette séquence de négociation politique », promet-il.
Cette déclaration conjointe faite mardi dernier porte les signatures de plusieurs figures politiques connues de la place dont Youri Latortue, Jean Renel Senatus, Emmanuel Menard, Eric Jean Baptiste, Liné Balthazard, Clarens Renois, etc…
Cette initiative, selon les signataires, est prise compte tenu de la dégradation de la situation socio-économique du pays. Ils disent vouloir « œuvrer, dans un élan patriotique, avec le souci de privilégier les intérêts supérieurs de la Nation, en dehors de toutes considérations partisanes et de « chasse aux sorcières », en dehors de toute volonté de sauvegarder des intérêts particuliers ou des droits indument acquis. »
Des pourparlers avec Ariel Henry
« Nous annonçons la phase avancée de nos pourparlers avec le Gouvernement en place sur les points susmentionnés, et la poursuite de nos discussions avec d'autres forces politiques, économiques et sociales qui partagent les vues exprimées dans cette déclaration conjointe », informent les représentants de ces structures politiques disant plaider pour des élections dans le pays.
Par : Daniel Zéphyr
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