PubGazetteHaiti202005

Les gangs ne sont pas «ébranlés» par l’intervention d’une force militaire étrangère, selon Jean Rebel Dorcénat

Jean Rebel Dorcénat,responsable de la CNDDR

Intervenant ce jeudi 13 octobre 2022 à Panel Magik de la radio Magik 9, le responsable de la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion (CNDDR) Jean Rebel Dorcénat a rapporté plusieurs conditions posées par les bandits de l’organisation criminelle G9 pour débloquer le Terminal Varreux. Amnistie et annulation des avis de recherche sont, entre autres, les principales conditions des hommes du G9 qui, selon lui, ne sont pas ébranlés par l’intervention d’une force militaire étrangère en Haïti.

 

La situation sécuritaire est des plus alarmantes. La population se trouve depuis bien longtemps sous les ferrailles de la peur. Les gangs continuent leurs exactions. La dernière en date demeure le blocage du Terminal Varreux par l’organisation criminelle G9an fanmi e alye. Une situation qui risque de plonger Haïti dans une crise humanitaire sans précédent.

 

Préoccupé par la situation, Jean Rebel Dorcenat de la Commission nationale de désarmement, démantèlement et réinsertion (CNDDR) dit avoir entamé des négociations sans l’appui du gouvernement avec l’entourage du G9 dirigé par le puissant Caïd Jimmy Cherisier alias Barbecue. « La CNDDR a toujours été en discussion avec les gangs. C’est une négociation difficile », confie M. Dorcénat qui précise que ces négociations n’ont rien d’officielles.

 

 

Le blocage du Terminal Varreux où sont stockés 70% des produits pétroliers entraîne une pénurie de carburant et une flambée des prix. Et comme si cela ne suffisait pas, l’épidémie de choléra a fait son grand retour alors que le pays attendait un certificat d’élimination après 3 ans sans cas déclarés. L'épicentre de la maladie fait face à une pénurie en eau potable et en soins sanitaires. Des hôpitaux ont cessé de fonctionner faute de carburant.

 

« Des demandes ont été formulées par les gangs. Ils veulent participer à la formation du gouvernement. Ils veulent de l'amnistie, l'annulation des avis de recherche émis à leur encontre et le retrait de la décision du gouvernement d’augmenter les prix des produits pétroliers », explique Jean Rebel Dorcénat.

 

Il y a une semaine, le gouvernement haïtien a fait une demande auprès de la communauté internationale pour le déploiement d’une force militaire étrangère capable de mater les gangs et de débloquer le terminal Varreux. Selon plus d’un, ces conditions posées par ces bandits ont tout l’air d’un revirement de situation.

 

« Ils n’ont pas fait de revirement de situation. C’est une négociation, dit-il sèchement.  De ce que je vois, ils ne sont pas ébranlés », ajoute Jean Rebel Dorcénat.
 

La demande d’intervention d’une force militaire étrangère faite par le gouvernement haïtien est toujours à l’étude du côté du gouvernement américain. Hier mercredi, le secrétaire d'État adjoint aux affaires de l'hémisphère occidental, Brian A. Nichols a rencontré le gouvernement haïtien et le groupe Montana sur la demande formulée par Haïti. Il a annoncé de l’assistance sécuritaire pour Haïti dans les prochains jours.

 

 

Par : Daniel Zéphyr

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