PubGazetteHaiti202005

Congrès américain: Pamela White réclame des « bottes sur le terrain », la société civile s’y oppose et expose l’échec de l’international en Haïti

Haitilibre.com

Plusieurs membres de la société civile haïtienne dont Velina Charlier, Rosy Auguste Ducena et Alermy PIERVILUS ainsi que la diplomate Pamela White ont été auditionnés hier jeudi par la commission des affaires étrangères du congrès américain sur la situation en Haïti. Pamela White, a indiqué qu’il faut des « bottes sur le terrain dès maintenant » pour résoudre tous les défis d'Haïti alors que la société civile haïtienne a fait ressortir l’échec de la communauté internationale.
 
 
"Il est temps de jeter les gants et d'arrêter de prétendre que la diplomatie "normale" fonctionnera en Haïti.  Comme le savent tous ceux qui se soucient du peuple haïtien, Haïti est un État en faillite. Il n'y a pas de gouvernement légitime, pas de système judiciaire, pas de parlement, et une faible force de police incapable d'arrêter les gangs qui règnent désormais sur 60% de la capitale. Il n'y a aucune chance de planifier des élections dans le cadre de la crise sécuritaire actuelle", radiographie Mme White appelée à intervenir sur la situation d’Haïti.
 
La diplomate estime que compte tenu de la situation qui sévit dans le pays, Haïti n’a pas besoin maintenant d'un plan quinquennal compliqué pour résoudre tous les défis d'Haïti mais « de bottes sur le terrain dès maintenant. »
 
Pamela White préconise la réalisation d’une sorte de référendum pour connaître ce que veut les Haïtiens réellement et qui ils souhaitent les diriger. « Je parie que l'actuel Premier ministre ne serait pas leur premier choix pour mener le pays vers un meilleur avenir », a indiqué Pamela Ann White.
 
La diplomate dit pencher en faveur d’un petit groupe de leaders de confiance pour servir de gouvernement de transition de deux ans avec seulement trois mandats : sécurité, nourriture et élections. 


Dans son discours, Velina Charlier de l’organisation Nou Pap Dòmi qui explique que le pays est au bord du gouffre, a indiqué que les interventions de l’international dans les affaires intérieures du pays ont fait beaucoup de torts à Haïti. « L’international doit reconnaître sa participation dans la descente aux enfers du pays. Lui qui, dans le temps, n’avait jamais voulu entendre ce que pensent les Haïtiens de la crise haïtienne », croit Mme Charlier. « Ils ont toujours supporté des gouvernements corrompus. L’echec est mutuel », dit-elle.

La militante rejette d’un revers toute idée renvoyant à l’envoi « des bottes » dans le pays. « C’est sur la MINUSTHA et le BINUH que les gangs ont pullulé. Ils ont violé nos filles et garçons, pillant les ressources du pays », réagit Mme Charlier à la proposition de l’ambassadrice Pamela White.
 
Pour sortir Haiti du bourbier dans lequel il patauge, Velina Charlier préconise la réalisation des élections en Haïti. Lesquelles élections devant paver la voie au rétablissement de la démocratie en Haïti. « Ce n’est pas n’importe quelle élection. Pas d' élections à n’importe quel prix. La machine électorale est corrompue. Nous prônons des élections avec un pouvoir de transition de rupture », dit-elle.
 
 En fin de discours, Velina Charlier a recommandé à la commission des affaires étrangères du gouvernement américain de fournir des soutiens dans des enquêtes sur le trafic d'armes en Haïti tout en appelant le congrès à sévir contre les gangs et ceux qui les financent.
 

Pour sa part, la responsable de programme du Réseau National de Défense des Droits Humains, Rosy Auguste Ducéna a dénoncé la communauté internationale qui s’est fait complice du Premier Ministre Ariel Henry.


Mme Ducena qui a dressé un tableau panoramique sombre de la situation en Haïti, recommande la commission des affaires étrangères ayappuyer la recherche d’une solution haïtienne à la crise, avec l’implication de la société civile qui jusqu’à présent s’est montrée très attachée aux revendications populaires ; exiger de la coalition politique actuellement au pouvoir, la fin de la protection des bandits armés ; prendre des sanctions contre les différentes personnalités qui protègent les bandits armés.
 
Prenant la parole Alermy PIERVILUS, Travailleur Social et Secrétaire Exécutif de la Plateforme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains estime que la vraie issue possible à cette crise passe par la relance du processus démocratique pour répondre à l’état de dévastation du pays. « Cela signifie qu’une nouvelle gestion politique du pays avec une nouvelle équipe au pouvoir en charge de la transition s’impose comme un impératif », dit-il ajoutant que des réformes politiques doivent être engagées pour rassurer la population et réaliser des élections crédibles.

La société civile a exposé la situation d’Haïti. Le chairman Gregory Meeks a prôné des sanctions contre les gangs armés et souligné la nécessité de combattre l’impunité.


Par: Daniel Zéphyr

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