À l'Assemblée générale de l'Organisation des États Américains (OEA), le président dominicain, Luis Abinader, a abordé la question de la crise haïtienne. Il a invité la communauté internationale à collaborer pour une solution car Haïti, qui, a-t-il dit, vit une « guerre civile de faible intensité, ne peut plus attendre ». Ses propos ont été rapportés par Listin Diario.
Ce jeudi 15 septembre 2022, à l'Assemblée générale de l'Organisation des États Américains (OEA), le président dominicain, Luis Abinader, dans son discours rapporté par Listin Diario, s'est invité dans la crise haïtienne qui, selon lui, est une question de sécurité nationale pour son pays.
« Pour la République dominicaine, c'est une question de sécurité nationale. Je veux le répéter pour qu'il soit gravé dans la mémoire de cette session solennelle dans la salle des Amériques : la crise qui déborde des frontières d'Haïti est une menace pour la sécurité nationale de la République dominicaine », a-t-il déclaré.
De ce fait, il a fait appel à la communauté internationale, notamment l'OEA, « afin de porter main forte pour une solution durable » à cette crise qu'Haïti connaît en ce moment.
« Dans la sphère multilatérale, la République dominicaine plaide pour des mandats solides de la part de la communauté internationale qui permettent aux autorités haïtiennes d'avoir l'assistance et la coopération nécessaires pour surmonter d'urgence la violence et ses causes, renforçant les capacités de son État, qui, malheureusement, n'a pas été possibles jusqu'à présent », a avancé Abinader, interpellant directement le secrétaire général de l'OEA, Luis Almagro.
Collaborer, oui. Mais comment doit s'y prendre l'OEA ?, s'est demandé le président dominicain. Ce dernier a proposé quelques pistes :
« Premièrement : Haïti a demandé une coopération pour améliorer la sécurité de certaines infrastructures critiques, notamment ses ports et aéroports. La République dominicaine a accompagné cet intérêt et a soutenu toutes les initiatives que le Comité interaméricain des ports a conçues pour concrétiser cet objectif. Jusqu'à présent, très peu a été réalisé ; il s'agit d'une action urgente et les efforts doivent être redoublés ;
Deuxièmement : L'Organisation des États américains (OEA) doit aider à la création de mécanismes et de capacités liés au contrôle des armes et des munitions qui parviennent aux mains des organisations criminelles. Cette question est critique et figure parmi les paragraphes opérationnels de la résolution 2645 du Conseil de sécurité des Nations Unies;
Troisièmement : Que l'OEA, coordonne avec les pays membres et l'ONU, la formation, l'entraînement et l'approvisionnement contrôlé des forces de sécurité publique, c'est-à-dire la Police Nationale d'Haïti ;
Quatrièmement : Dès que les conditions de sécurité le permettent, il est nécessaire de collaborer avec les autorités haïtiennes pour organiser un processus électoral qui débouche sur un gouvernement et des autorités élues avec leadership, légitimité et soutien populaire. L'OEA doit continuer à mener des actions fondamentales en faveur d'élections démocratiques, l'une d'elles est de fournir un état civil adéquat à toute la population haïtienne ».
Pour Luis Abinader, vit une sorte de « guerre civile de faible intensité ».
« Haïti ne peut plus attendre : sa situation actuelle peut être définie comme « une guerre civile de faible intensité ». Nous devons agir de manière responsable et nous devons agir maintenant. Une fois de plus, la République dominicaine a le besoin et le devoir de réitérer que la réponse la plus durable et la plus robuste à la crise haïtienne doit venir des Haïtiens. Nous préconisons et espérons que ce soit le cas, mais chaque fois nous voyons la possibilité d'entente et de consensus dans cette nation voisine plus éloignée », a déclaré Abinader.
En toile de fond de cette assemblée générale de l'OEA, la crise haïtienne prend une tournure extrêmement inquiétante. Suite à l'annonce de la hausse du prix des produits pétroliers, la population hausse le ton et descend dans les rues dans la capitale comme en province. Conséquences : routes barricadées, scènes de pillages, entre autres formes de violence. Pour l'instant, le pays est totalement paralysé.
Par: Michner Alfred
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