La population a encore craché sa colère ce jeudi 15 septembre 2022 pour faire échec à la décision du gouvernement d’augmenter les produits pétroliers. Des institutions comme Caritas et PAM ont été pillées, des entreprises à Port-au-Prince ont été vandalisées.
Les manifestants ne jurent que par le retrait de l’augmentation des prix des produits pétroliers et le départ du premier ministre Ariel Henry. Une fois de plus, la population a exprimé son ras-le-bol à Port-au-Prince et dans les villes de province.
Dans la capitale, des barricades ont été érigées à Lalue, Delmas et Pétion-Ville, Bois-Verna. Les grands axes étaient bloqués. La circulation était encore paralysée. Plusieurs milliers de personnes des quartiers populaires ayant à leur tête le chef de gang Jimmy Chérisier ont manifesté à La Saline, Rue St Martin, Grand Rue et Simon Pelé contre le gouvernement en place.
La succursale de la compagnie de téléphonie mobile Digicel se trouvant au haut Delmas a été pillée par les manifestants. Christ-Cell, une entreprise de télécommunication a été vandalisée et pillée. Un entrepôt de produits médicamenteux dénommés 4C a été incendié à Delmas 48. Plusieurs résidences ont été attaquées et incendiées dont celle de l’alliée du Premier Ministre Ariel Henry, la présidente de la Fusion Edmonde Supplice Beauzile.
Aux Gonaïves, au cours d'une nouvelle journée de protestation ce jeudi 15 septembre 2022, des protestataires ont fait irruption au bureau de la Caritas, situé à l'arrière de l'évêché de la ville, et ont tout emporté: nourriture, meubles... Une vive tension a régné à la cité de l’indépendance
Après la scène de pillage enregistrée au bureau de la Caritas aux Gonaïves, la population a pillé les locaux du Programme alimentaire mondial (PAM) au milieu de la journée de ce jeudi 15 septembre 2022. Malgré les interventions des forces de l'ordre qui ont lancé des gaz lacrymogènes, cela n'a pas empêché davantage de personnes d'investir les lieux pour se procurer les provisions alimentaires stockés dans cet espace.
A Petit Goave, la population ne décolère pas. Les routes restent toujours impraticables. La manifestation a été violente. Des barricades et des pneus enflammés ont été constatés sur la chaussée.
A Miragoane, les activités ont encore fonctionné au ralenti. Des institutions publiques et privées sont encore restées fermées. Les banques commerciales ont baissé le rideau. Certaines artères de la route sont toujours parsemées de déchets et de pierres. Très peu de véhicules ont été constatés.
A Jérémie, les manifestants ont réalisé une cinquième journée de manifestation. Les detritus et jets de pierres ont rendu la circulation complètement impossible dans les principales entrées. Le marché public, le commerce et les banques n’ont pas fonctionné.
A Saint Marc, les grandes entreprises ont encore fermé. Des barricades et pneus enflammés ont été remarquées sur le bitume. La circulation a été paralysée.
Au Cap Haitien ce jeudi, la situation était un peu différente par rapport à hier où certains manifestants ont affronté la police lors des funérailles d’un des militants tués lors d’une manifestation dans la deuxième ville du pays. Ce jeudi, la circulation était restée paralysée. Des petits commerçants tentaient de vaquer à leurs occupations à leur risque et péril.
Dans le Nord-Est, le calme revient petit à petit. Toutes les institutions publiques et privées ont fonctionné.
Haïti est mobilisée contre la décision du gouvernement d’augmenter les prix des produits pétroliers. Les villes ne décolèrent pas. Le gouvernement, lui, ne compte pas reculer. Ce dernier a annoncé hier les nouveaux prix des produits pétroliers. Ce jeudi, des officiels du gouvernement appellent au déblayage des routes pour faciliter l’arrivage des produits pétroliers dans les pompes.
Par: Daniel Zéphyr
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