Des centaines de militants de l'organisation politique Fanmi Lavalas ont organisé ce dimanche 11 septembre 2022, une manifestation à Port-au-Prince, pour commémorer l’anniversaire du massacre de Saint Jean-Bosco (en 1988) et demandé justice pour les victimes. Ils en ont profité pour demander le départ du premier ministre Ariel Henry qui, selon eux, n’est pas capable de retirer le pays du bourbier dans lequel il patauge.
Avant onze heures du matin, des centaines de participants attendaient le coup d’envoi de la manifestation au Viaduc de Delmas communément appelé « Kafou Rezistans ». Très vite, de partout, d’autres se sont joints à eux pour renforcer la foule. Sous le son retentissant des instruments à vent, à percussion et le regard approbateur des petits marchands, ces centaines de militants de Fanmi Lavalas s’apprêtaient à arpenter les rues de Port-au-Prince pour continuer de demander justice pour les victimes du massacre Saint Jean Bosco.
Ce fameux 11 septembre 1988. Ce jour-là, Haïti s’est arrêtée. Lors de cet inoubliable dimanche, à l’église Saint Jean Bosco de La Saline, des hommes armés ont investi l’église, attaqué les fidèles, environ un millier, et y ont mis le feu. Le Père Aristide s’en est sorti indemne mais une trentaine de personnes y ont laissé leur vie.
Le massacre a été perpétré sous les yeux de l’armée et de la Croix-Rouge. Aucune déclaration officielle sur ce tragique évènement survenu n’a été faite.
Ce massacre, ces militants de Fanmi Lavalas s’en souviennent. D’ailleurs, ces irréductibles sympathisants sont-là pour honorer la mémoire des victimes. C’est le cas de cet homme d’une soixantaine d’années . « Je suis là en mémoire des victimes. Je me souviens comme si c’était hier », dit-il soulignant que « le massacre du 11 septembre 1988 a été une tentative d’assassinat sur Jean-Bertrand Aristide ».
Les manifestants ont longé l’Autoroute de Delmas pour prendre la direction de Pétion-Ville. Au visage en colère et frustré, les manifestants ont marché sur le rythme des chants de révolte des bandes à pied. Jeunes, moins jeunes ont été remarqués sur le bitume.
« Ariel démission »
Les manifestants en ont profité pour dénoncer la « mauvaise gestion » de l'équipe au pouvoir, marquée notamment, selon eux, par la gabegie. Ces militants acides ont aussi tiré à boulets rouges contre le premier ministre Ariel Henry, en qui il ne voit plus l’ « homme de la situation ».
« Il faut qu’il parte. La situation socio-politique et économique du pays doit changer », lance un manifestant qui exige l’instauration d’ « un gouvernement de salut public ».
Arrivés à hauteur de Delmas 40 B, les manifestants ont été bloqués par les agents de la Police Nationale d’Haïti. Ils ont été contraints de changer d’itinéraire empruntant Christ-Roi pour atteindre Bourdon, longeant Lalue pour arriver au Champ de Mars, plus précisément sur la place de la constitution où un message a été délivré.
Fanmi Lavalas s’en souvient
Dans la matinée du 11 septembre, la structure politique Fanmi Lavas, par le biais d’une note, a dénoncé « les massacres qui continuent à être perpétrés sur la population sous d’autres formes, telles que la famine et l’insécurité généralisée ».
Fanmi Lavas dit regretter que les victimes du massacre Saint Jean Bosco n’aient toujours pas trouvé justice. « La population reste toujours meurtrie par l’injustice sociale », note Fanmi Lavas, énumérant de multiples faits pour démontrer la véritable descente aux enfers du pays.
Le comité directoire du Parti qui demande l’instauration d’un gouvernement de salut public, dit soutenir toutes les formes de mobilisation de la population haïtienne.
Par: Daniel Zéphyr
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