Intervenant à l’émission « Le Rendez-Vous avec Volcy Assad » ce jeudi 24 mars 2022, le coordonnateur général de Viv-Ayiti Biron Odigé n’est pas allé de main morte pour faire des révélations fracassantes autour de la gestion financière scabreuse de la Police Nationale d’Haïti. Selon le militant politique, la PNH contracte des prêts du secteur privé. Une démarche que le gouvernement doit changer s’il veut réellement enrayer le phénomène de l’insécurité.
Les directeurs généraux passent à la tête de la police nationale d’Haïti mais le problème de moyens reste et demeure l’une des principales préoccupations. « Oubliée voire ignorée par l’Etat haïtien », la Police Nationale d’Haïti aurait eu recours à d’autres sources de financement, si l’on en croit les propos du coordonnateur général de Viv-Ayiti Biron Odigé, intervenant ce matin à l’émission « Le Rendez-Vous avec Volcy Assad ».
« Aujourd’hui, la Police Nationale d’Haïti n’a plus d’argent alors que la volonté de sévir contre les bandits est là », a informé Biron Odigé coordonnateur général de la structure politique « Viv-Ayiti » qui indique que pour subsister, la Police Nationale d’Haïti recourt à des prêts du secteur privé des affaires.
Qui pis est, selon Biron Odigé, la Police Nationale d’Haïti peut avoir les velléités pour réaliser des opérations dans certaines zones dites de « non-droit » mais des soucis comme carburant, batterie empêche à l’unité d’envahir les locaux des bandits. « De cet argent gaspillé dans le service d’intelligence (près de 24 millions de gourdes), la PNH ne peut pas le verser dans l’achat de 2 ou 3 blindés ? », se questionne le militant politique.
« De mal en pis »
Biron Odigé impute la situation d’insécurité généralisée à ce manque de moyens et cette stigmatisation de l’institution policière. Les bandits sans foi ni loi continuent de conquérir les territoires. Les tirs sporadiques au quotidien des armes automatiques s’harmonisent aux pas rapides et saccadés de la population désireuse de rentrer à tout prix chez elle. La peur bleue de se faire Kidnapper grandit de jour en jour. Les cas augmentent de manière exponentielle.
« Aujourd’hui, la population économise de son salaire pour se préparer à un éventuel kidnapping », a déclaré le militant politique Rony Timothée, autre invité de l’émission « Le Rendez-vous avec Volcy Assad ». « La vie en Haïti ne veut rien dire maintenant », déplore M. Timothée.
Selon le militant politique, actuellement, il est beaucoup plus facile de s’adjuger une arme de calibre 9 mm qu’un plat de nourriture. « La quantité de cas de kidnapping enregistrée dans le pays nous rend pire que l’Irak, l’Afghanistan, etc…. », dit-il.
« Un halte-là »
Selon Biron Odigé, un danger imminent vient tout droit sur Haïti si les choses restent dans cette lignée. M. Odigé croit que, pour sortir de cette situation, l’Etat haïtien doit cesser sa complaisance avec les gangs armés, cesser de financer les bandits comme le révèlent les derniers rapports du réseau national de défense des droits humains (RNDDH).
Le chef du gouvernement Ariel Henry doit prendre ses distances avec tous les membres du conseil supérieur de la police nationale soupçonnés d’être de connivence avec les gangs armés, selon Odigé.
Faisant montre de leur pessimisme quant à une résolution du phénomène dans les prochains jours, les responsables de Viv-Ayiti font appel à un sursaut national au niveau de toutes les forces vives de la nation.
En ce sens, ils supportent corps et âme la marche pacifique lancée par le Collectif du 4 décembre ce 29 mars pour dire non à l’insécurité généralisée qui ne cesse d’ endeuiller les familles haïtiennes.
Par : Daniel Zéphyr
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