Pour la première fois, l’une de nos missions diplomatiques en territoire français a célébré en grande pompe, la semaine de la langue et culture créole. En effet, le Consul et chef de poste a. i au Consulat Général de la République d’Haïti à Paris M. Richardson Etienne et son équipe avaient décidé d’organiser une multitude de manifestations afin de faire connaitre les principaux enjeux de la langue nationale. Haïti a deux langues officielles, depuis la promulgation d’une nouvelle constitution en 1987, consacrant le créole et le français comme deux langues officielles du pays, mais une seule nationale, parlée par nos compatriotes, le créole.
Lundi 25 octobre 2021, c’était l’ouverture de la cérémonie marquant la première célébration de langue et culture créole, des manifestations avec des prises de paroles officielles. Après l’intervention de M. Etienne qui avait mis l’accent sur l’importance de la langue créole dans le dixième département surtout l’enjeu qu’il représente pour la cinquième génération de nos compatriotes nés et vivant en France, de continuer à parler la langue de leurs parents. Au cours de son allocution, le diplomate a fait part de son projet de voir l’installation d’un institut qui aura pour tâche principale d’enseigner les deux langues le créole et le Français. Un projet diplomatique « haut en couleur » auquel M. Richardson Etienne compte bien donner corps afin de laisser ses traces dans les mémoires diplomatiques de notre pays.
Les règles protocolaires exigent que ce soit le chef de poste a.i qui passe la parole au ministre Jean Emmanuel Jacquet, présent dans la capitale française pour participer aux différentes manifestations de la semaine et de la culture créole en France. Dans son discours, l’écrivain, ministre de la culture et de la communication, a dressé un tableau historique de l’évolution de la langue créole en Haïti tout en soulignant l’héritage du français dans notre culture. En effet, c’est la constitution de 1987 qui a instauré le créole comme étant une langue officielle à côté du français, fruit de l’héritage colonial des relations entre Haïti et la France. Monsieur le ministre de la Culture avait bien articulé son intervention autour de ces deux langues qui constituent notre patrimoine culturel et linguistique commun. Dans le même domaine, Dr Darline Cothiere, linguiste et directrice de la maison des journalistes à Paris avait ébloui la salle lors de l’ouverture de la semaine et de la culture créole par une conférence très instructive et pédagogique sur les racines de langue. On a appris beaucoup sur l’origine de certains mots créole. Cette première journée s’était déroulée en présence des officiels diplomatiques de l’Ambassade de la République d’Haïti en France, notamment de Mr Thony Mélodin, ministre conseiller, diplomate de carrière, de James Jules, ministre conseiller, Mr Louino Volcy, Ministre conseiller, Mr Sauvenel Augustin, conseiller, Mr Pierre-Jude Buteau, conseiller, Mr Jean Jocelyn Petit, premier secrétaire, de Mme Sophie Laurent également première secrétaire, du représentant de Madame Dominique Dupuy ambassadeur et déléguée permanente de la République d’Haïti auprès de l’organisation des Nations-Unies pour la science et la culture (Unesco). Cette diplomate haïtienne et son équipe ne chôment pas, à son actif plusieurs dispositions symboliques liées à notre riche histoire ont été adoptées, telles que l’inscription des « savoirs, savoir-faire et pratiques liés à la préparation traditionnelle de la soupe au Giraumon » sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité auprès de l’UNESCO dans le cadre de la Convention de 2003; ce qui constitue une grande première pour le peuple haïtien. Par ailleurs cette année la fête du drapeau prendra un contour particulier avec l’inscription dans le calendrier officiel des célébrations de l’UNESCO 2022- 2023. Enfin Madame l’ambassadeur a pu placer sur l’échiquier des activités intellectuelles de l’organisation internationale, la candidature de la ville de Saint Marc comme capitale du livre en 2023. Pour un pays qui a su donner à la francophonie des écrivains de qualité, ce ne serait que justice, les Saint Marcrois espèrent que les projecteurs seront braqués sur eux. Dans ce domaine, le pays de Dessalines a tant apporté à la francophonie culturelle qu’il était temps que le pays en bénéficie un peu.
Mardi 26 octobre 2021, place au débat animé par deux employés du consulat Général: Monsieur Fritz Dorcé et Madame Katia Bazile qui ont sur décortiquer l’allocution de Monsieur Monel Casimir à la lumière de l’histoire du pays et la naissance de la langue créole dans la conjoncture de la guerre de libération (1791 -1803). Après plus d’une heure et demie d’interventions place aux divertissements. Toujours sous le signe de la semaine de langue et culture créoles, le conteur Jude Joseph, bien connu de la communauté haïtienne de Paris avait préparé des contes qui ont quelque peu réveillé la salle. Les contes font partie intégrante de la culture de notre depuis la nuit des temps et Jude Joseph a permis à l’assistance de voyager à travers ses contes qu’il a publiés dans un livre, « Le prix de la richesse[1] » publié aux éditions Téham.
Après cette plongée dans les contes avec Jude Joseph, conteur émérite et voici Bob BOVANO avec sa voix de stentor, pour des animations musicales qui ont réchauffé la salle par ce temps d’hiver.
Et dimanche 31 octobre 2021, nous nous sommes déplacés des locaux du Consulat Général à Paris, pour atterrir à la Mairie du 17ème afin d’avoir plus d’espace pour clôturer la semaine de la langue et culture créoles. C’est Madame Sylvie Descollines Consule au sein de la mission, qui a ouvert le festival. Donnant la parole au chef de mission M. Richardson Étienne sociologue, ethnologue, entrepreneur, ardent défenseur de la langue créole, dans l’espace publique, qui une fois de plus, avait appelé à faire du créole une langue de communication entre Haïtiens de l’extérieur et de l’intérieur. Par ailleurs l’ambassadeur de la République d'Haïti et déléguée permanente auprès de l’UNESCO, Dominique Dupuy est intervenue longuement sur la nécessité de placer la langue créole au cœur des relations internationales de la République d’Haïti comme langue nationale. Elle promet d’œuvrer en ce sens au sein de l’UNESCO. La touche finale en matière musicale ont été apportée par deux grands artistes haïtiens, Jean Belony dit Belo et un Kebeyseou dont la réputation n’est plus à faire en matière du tambour.
Enfin comme l’expression picturale occupe une place importante dans l’imaginaire du peuple haïtien l’association PromArt Haïti et Patrick Cauvin, vice-consul ont organisé en marge de la semaine de la langue et de la culture créole une exposition de qualité comprenant pas moins de cinquante tableaux d’artistes venant d’horizons différents. L’association « PromArt art Haïti n’est pas à son coup d’essai dans les missions diplomatiques. A son initiative plus de 5 expositions à l’Ambassade, au Consulat général, à l’Unesco avec la présence des artistes peintres en provenance d’Haïti. Cette exposition est encore présente sur les murs du Consulat jusqu’au 30 novembre 2021.
Par: Maguet Delva
Responsable de communication et des relations publiques au Consulat Général d’Haïti à Paris
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