Au moins sept écoles de Port-au-Prince ont été forcées de payer des gangs en échange de la sécurité au cours des deux derniers mois, selon un communiqué de presse de l’UNICEF publié mardi 2 novembre. « Dans les zones contrôlées par les gangs, les directeurs d'école et les enseignants sont constamment menacés et, s'ils refusent de payer, leurs écoles sont attaquées », a déclaré Jean Gough, directeur régional de l'UNICEF pour l'Amérique latine et les Caraïbes.
Dans un contexte de recrudescence de la violence en Haïti, les enfants dans les écoles des zones urbaines deviennent de plus en plus la cible de vols ou de rançon, a averti aujourd'hui l'UNICEF.
« Les événements de la semaine dernière, qui comprennent le meurtre d'un parent et la blessure d'une fille dans une école, ainsi qu'un vol à feu des salaires des enseignants illustrent la gravité de la situation à Port-au-Prince. », a rappelé le Fonds des Nations-Unies pour l’enfance.
Depuis le début de l'année scolaire en septembre, selon l’UNICEF, au moins sept écoles de Port-au-Prince, la capitale haïtienne et autour, n'ont eu d'autre choix que de payer des gangs armés en échange de sécurité et d'autres ont été menacées.
« Dans les zones contrôlées par les gangs, les directeurs d'école et les enseignants sont constamment menacés et, s'ils refusent de payer, leurs écoles sont attaquées », a déclaré Jean Gough, directeur régional de l'UNICEF pour l'Amérique latine et les Caraïbes. « Dans toute la capitale, de plus en plus de peur à l'école signifie de moins en moins d'apprentissage. Les gangs transforment rapidement les temples de la connaissance en théâtres de violence. »
« En Haïti, plus d'un demi-million d'enfants ne sont pas scolarisés pour une multitude de raisons, notamment des coûts élevés de l'éducation, le manque de soutien aux services éducatifs les plus vulnérables et les plus pauvres. », a souligné L’UNICEF, ajoutant que « la violence des gangs devient rapidement une autre raison pour les parents de ne pas envoyer leurs enfants à l'école. »
L’UNICEF a indiqué que cette année, l'augmentation de la criminalité liée aux gangs a encore limité l'accès à l'école et empêché des centaines d'enfants de commencer ou de reprendre leurs études. Au cours des derniers mois, des attaques contre les écoles ont été signalées, principalement dans les grands centres urbains. Les menaces croissantes et les actes de violence armée ont forcé certains directeurs d'école à déménager leurs écoles dans d'autres zones hors de contrôle des gangs.
« La violence des gangs à Port-au-Prince et dans les environs a déjà forcé plus de 19 000 personnes à fuir leur foyer et des milliers d'enfants à interrompre leur éducation. Au cours de l'année scolaire 2019-2020, environ 60 % de toutes les écoles haïtiennes ont été fermées pendant 60 jours pendant les confinements nationaux. », a poursuivi l'agence de l’ONU.
L'UNICEF estime que plus de 230 000 enfants risquent de décrocher l'école dans les départements du Grand Sud d'Haïti touchés par le tremblement de terre du 14 août.
« Avant cette nouvelle vague de criminalité, beaucoup trop d'enfants haïtiens étaient déjà non scolarisés et beaucoup trop d'enfants risquent maintenant d'abandonner en raison du fait que les écoles sont dangereuses. En Haïti aujourd'hui, chaque enfant laissé en dehors de la salle de classe est plus vulnérable au recrutement de gangs. L'impact social des décrocheurs scolaires pour l'avenir du pays ne peut être surestimé : Haïti a besoin de plus d'ingénieurs pour reconstruire les écoles, de plus d'infirmières pour vacciner les nouveau-nés, de plus d'enseignants pour donner des cours. Nous devons trouver des moyens de ramener les enfants à l'école et de leur permettre d'apprendre en toute sécurité », a souligné Jean Gough.
Pendant les vacances scolaires, l'UNICEF s'est associé à une université haïtienne pour organiser des cours de rattrapage pour les enfants déplacés et leur permettre de mieux se préparer aux examens de fin d'études secondaires. L'UNICEF s'est également associé à une organisation locale de la société civile pour fournir une éducation non formelle à 240 jeunes déplacés à la périphérie de Port-au-Prince.
Grâce au Partenariat mondial pour l'éducation (GPE), l'UNICEF et ses partenaires ont déclaré avoir distribué des kits scolaires à 70 000 enfants des familles les plus vulnérables touchées par les troubles sociaux et la pandémie de COVID-19 et ont fourni un soutien à environ 1 971 enseignants dans 365 écoles à travers le pays. L'UNICEF et le ministère de l'Éducation construisent 900 espaces d'apprentissage temporaires tout en distribuant 100 000 kits scolaires dans les zones touchées par le tremblement de terre.
Par ailleurs, l'UNICEF exhorte tous les acteurs à respecter les établissements d'enseignement et appelle le gouvernement haïtien à assurer la sécurité dans et autour des écoles et à prendre des mesures fermes pour lutter contre la violence des gangs contre les enfants.
Par Fenel Pélissier
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