31 octobre: aujourd’hui c’est son anniversaire de naissance
Lumières encore lumières ou Port-au-Prince des cadavres
Et la rivière de sang continue de flétrir les visages
Des bouches closes la nuit m’ont parlé
de Netty
Je n’ai pas voulu entendre
Ni ses sanglots, ni ses burlesques joies
En cette nuit du 30 Juin
J’ai veillé très tard en pensant à mes grandioses paysages d’autrefois
Sur ses magnanimes épaules je bois mon chagrin
Comme une eau de ma citerne évaporée
Des rivières de sang
Des hommes en haillons et portant des revolvers
Des asociaux empêchent la rencontre de nos doigts fulgurant sur ta
poitrine protubérante
Dans les nuits chaudes de l’oubli,
J’aperçois ton ombre au coin d’une rue blafarde
Ce soir le soleil des amours platoniques est fini
Et il n’épousera jamais les phalanges des déclarations citoyennes
Et les sommaires de nos conversations
Ne seront plus que des souvenirs étoiles de dialogues
Mon amie je te presse de venir
Et je te sens encore prête à me dire des mots révolutionnaires
Garde-nous contre le nid de tes mots
Que tu voulais mettre sur nos maux
Les morts ne sont pas morts,
elles nous regardent
fixant l’horizon de notre soleil couchant
Netty tu dors dans les souvenirs de nos cœurs brisés
Impossible de laisser pleurer nos yeux
Dans l’ineffable et sanguinolent délires des hommes
Nous avons couru auprès de nos inextinguibles silences
Nous avons rêvé de nos silences qui fixent nos désarrois quotidiens
Et dans nos lits nous sommes submergés de songes
Des coqs chantant et des tam-tams de stress
désormais amplifiant nos nuits d’angoisses
Des balles de tout calibre qui sifflent
Dans les fenêtres,
Atteignant tes belles chevelures
Nous ne voulons pas y croire
Nous voulons nous asseoir à tes pieds d’adorations
Toi, tu fus l’ambassadrice du pays à la gorge nouée de sang
Nous rêvons de toi, tes mains chaudes de nos amours
Sur nos prières
Tes yeux que nous avons regardé mourir
Ton regard si profond qui nous a laissés démunis de tout
A qui désormais devrions-nous parler de changement
La cohorte des petits vendus aux simulacres
De mauvaises élections
Oh tes rêves endormis sous les lataniers du péristyle
De tes chevelures remplies de songes
révolutionnaires
Nous avons chassé les angoisses de ta mort
Avec des grands coups de balais sur les fesses des apatrides de toutes sortes
Voici que nous sommes devant tes dépouilles
Voici que brusquement tes mains déplient
Le drapeau de Dessalines, ta nouvelle robe avec tes gestes majestueux
Tu es devenue en quelque sorte la nouvelle symphonie nationaliste
Nous laissons brûler nos yeux dans tes nouveaux chants révolutionnaires
Ah Dieu notre symphonie d’amour
Nos yeux se sont rabaissés avec élégance
Devant ton départ
L’aube s’est encore endurcie
emportant avec elle nos cœurs si tristes et pathétiques
La vie ici n’est qu’un mirage chacun attend une balle perdue ;
La question est de savoir quand ce sera notre tour.
Par: Maguet Delva
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