PubGazetteHaiti202005

Le Tanzanien Abdulrazak Gurnah, remporte le prix Nobel de la littérature 2021

Le Tanzanien Abdulrazak Gurnah

Le romancier tanzanien Abdulrazak Gurnah a remporté ce jeudi 7 octobre 2021 le prix Nobel de la littérature 2021. Auteur de dix romans dont "Près de la mer" en 2006, l’africain Abdulrazak Gurnah est aussi connu pour son roman "Paradise", un récit « empathique et sans compromis des effets du colonialisme et le destin des réfugiés pris entre les cultures et les continents », selon le jury.

Véritable surprise dans cette saison des Nobel ! Le romancier africain Abdulrazak Gurnah vient de remporter le prix Nobel de la littérature 2021 alors que les rumeurs fusaient partout et ailleurs sur la possibilité de voir de grands favoris remporter le graal comme le Japonais Haruki Murakami, la Canadienne Anne Carson, la Russe Ludmila Oulitskaïa ou encore la Française Annie Ernaux. Loin de tout pronostic, le jury a choisi de sacrer le Tanzanien Abdulrazak Gurnah.

L’auteur, connu notamment pour son roman Paradise (1994), a été récompensé pour sa narration « empathique et sans compromis des effets du colonialisme et du destin des réfugiés pris entre les cultures et les continents », selon le jury. Son œuvre s’éloigne des « descriptions stéréotypiques et ouvre notre regard à une Afrique de l’Est diverse culturellement qui est mal connue dans de nombreuses parties du monde », a expliqué le jury.

 

Ce prix laisse tout le monde stupéfait et de nombreux critiques et éditeurs ont confessé qu’ils ne connaissaient pas l’écrivain, absent de la liste des pronostics, même comme simple outsider. Son propre éditeur en Suède, Henrik Celander, a expliqué à la presse suédoise qu’il n’aurait jamais imaginé qu’il décroche le Graal littéraire. Quand l’Académie suédoise a appelé, « j’ai cru à une blague », a même confié Abdulrazak Gurnah.

 

La Tanzanie a aussitôt salué cette distinction. « Vous avez sans aucun doute rendu justice à votre profession, votre victoire est celle de la Tanzanie et de l’Afrique », a déclaré sur Twitter le porte-parole du gouvernement, à l’adresse du natif de Zanzibar, cet archipel situé au large des côtes tanzaniennes.

 

 

Jusqu’à sa récente retraite, il était professeur de littérature anglaise et postcoloniale à l’université du Kent, à Canterbury, où il était un fin connaisseur de l’œuvre du Nobel de littérature nigérian Wole Soyinka et du Kényan Ngugi wa Thiong’o, qui figurait parmi les favoris pour le Nobel cette année. Il est le premier auteur noir africain à recevoir la plus prestigieuse des récompenses littéraires depuis Soyinka, en 1986. L’an passé, c’est la poétesse américaine Louise Glück qui avait été sacrée pour son œuvre « à la beauté austère ».

 

 

Parmi les 118 lauréats en littérature depuis la création des prix, 95, soit plus de 80 % sont des Européens ou des Nord-Américains, la France, à elle seule, s’est vu décerner 13 % des prix. Ils sont 102 hommes au palmarès pour 16 femmes. Depuis 2012 et le Chinois Mo Yan et jusqu’à Abdulrazak Gurnah, seuls des Européens ou des Nord-Américains avaient été sacrés, et l’audace s’était plutôt manifestée dans l’éclectisme du genre comme Bob Dylan en 2016. C’est la deuxième fois en trente-cinq ans qu’un auteur noir africain reçoit le prix Nobel de littérature après le Nigérian Wole Soyinka en 1986.

 

 

 

Par : Daniel Zéphyr avec AFP

Politique

Culture

Economie

Sport