La représentante du bureau intégré des nations unies en Haïti (BINUH), Helene La Lime a présenté devant le conseil de sécurité de l'ONU la situation insoutenable qui prévaut en Haïti. Elle a exprimé ses préoccupations face aux élections reportées, à la remontée de l'insécurité et aux cas d'enlèvements qui augmentent. « Nous devons veiller à ce qu'Haïti ne devienne pas une crise oubliée », prévient Mme La Lime appelant à une action urgente en faveur d'Haïti.
« Le contrôle que les gangs exercent autour des points d'entrée et de sortie stratégiques de la capitale a eu un impact négatif sur l'économie haïtienne et sur la circulation des personnes et des biens », a déclaré la représentante des Nations-Unies en Haïti.
« Le gouvernement doit mettre en œuvre une approche plus globale pour lutter contre la violence des gangs, dans le cadre de la stratégie nationale de réduction de la violence communautaire », a poursuivi Mme Helen La Lime qui estime que la police, en manque de ressources, ne peut pas faire face à la hausse de la criminalité.
Selon la diplomate, il serait une nécessité que « la sécurité soit rétablie, en particulier dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, car une augmentation significative et soudaine de la violence des gangs a provoqué le déplacement de quelque 19 000 personnes des communes de Cité-Soleil, Croix-des-Bouquets, Delmas et du quartier de Martissant à Port-au-Prince ».
Ce climat d'insécurité qui se conjugue avec les conséquences désastreuses du séisme du 14 août dernier aggrave la situation humanitaire d'Haïti déjà catastrophique.
« Nous devons veiller à ce qu'Haïti ne devienne pas une crise oubliée », prévient la patronne du BINUH, exhortant « les États membres à contribuer à l'appel éclair de 187,3 millions de dollars lancé pour aider les personnes touchées par le tremblement de terre et au plan de réponse humanitaire de 235,6 millions de dollars pour la période 2021-2022 ».
Mme La Lime, appelant la communauté internationale à se tenir aux côtés du peuple haïtien et de son gouvernement, souligne que « grâce à une action urgente, déterminée et concertée Haïti peut relever ses profonds défis structurels et ses déficits de gouvernance et de développement qui alimentent l'instabilité, l'insécurité et les besoins humanitaires sans cesse croissants du pays ».
Selon la cheffe du BINUH, il y a toutefois un peu d'espoir pour Haïti. « Il y a quelques bonnes nouvelles », affirme Mme La Lime évoquant l'accord d'Ariel Henry: « Dans un pas positif vers la relance des institutions démocratiques, des politiciens de tous bords, y compris d'anciens groupes de l'opposition et de la coalition au pouvoir, ont conclu un accord le 11 septembre pour former un nouveau Conseil électoral provisoire, en vue d'organiser des élections au plus tard au second semestre 2022 », rapporte-elle devant le conseil de sécurité.
« On ne peut qu'espérer que les leaders politiques et de la société civile haïtienne continueront à travailler ensemble pour trouver un terrain d'entente autour d'un projet commun qui contribuera à favoriser un climat plus apaisé dans lequel des actions décisives pourront être prises et des réformes essentielles promulguées », tel est le vœu de la cheffe du BINUH.
Par Juhakenson Blaise
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