Dans une note de presse parue le lundi 20 septembre, le Collectif Défenseurs Plus se dit profondément consterné par la situation humanitaire des compatriotes haïtiens à la frontière américano-mexicaine depuis plusieurs semaines. Le Collectif invite les autorités haïtiennes à entrer en communication avec les autorités américaines afin d'arrêter ces expulsions.
« Le Collectif Défenseurs Plus, organisme de promotion et de défense des droits humains, est profondément consterné par la situation humanitaire des compatriotes haïtiens et haïtiennes à la frontière américano-mexicaine depuis plusieurs semaines. Ces compatriotes ainsi que d'autres migrants en provenance des pays de la Caraïbe et de l’Amérique centrale sont accompagnés d’enfants. Plus de dix (10) mille personnes, en majorité des Haïtiens et Haïtiennes, sont dans cette situation humanitaire désespérée où ils/elles dorment à la belle étoile sous le pont Del Rio de la rivière reliant les deux pays de l’Amérique du nord », lit-on dans la note
« Certains ont tenté de traverser la rivière à pied pour retrouver l’État de Texas dans l’espoir de trouver refuge aux États-Unis d’Amérique. D’autres sont retournés au Mexique pour chercher de quoi manger. Aujourd’hui, ces migrants se font expulser en Haïti qui non seulement est en proie aux méfaits des groupes armés mais également face à une grave crise sociopolitique et économique. Durant la journée du dimanche 19 septembre 2021, 327 personnes ont été refoulées à Port-au-Prince, dont les enfants chiliens nés de parents haïtiens. », poursuit le Collectif Défenseurs Plus.
« La crise politique aigüe en Haïti ayant abouti à l’assassinat du président de la République, Monsieur Jovenel Moïse, le 7 juillet 2021 ; la crise socio-économique ; l’insécurité grandissante ; la misère et l’instabilité institutionnelle, constituent le désarroi des Haïtiens et des Haïtiennes dans leur pays d’origine. Ils/elles sont à la recherche de la protection et d’une condition de vie meilleure pour eux et leurs proches. », a détaillé l’organisme des droits humains.
Selon une estimation de l’organisme des droits humains d'un rapport situationnel sur l’insécurité et le niveau de la criminalité en Haïti, publié le mois d’Août dernier par ce dernier (https://defenseursplus.org/rapport-sur-la-situation-des-droits-humains-en-haiti/), environ cinq (5) personnes sont assassinées brutalement chaque jour, pour la période allant des mois de janvier à juillet 2021.
« Ajouter à cette conjoncture difficile, les trois (3) départements du grand sud d’Haïti ont été sévèrement ravagés par un séisme de magnitude 7.2, le 14 aout 2021 où des milliers de personnes sont sinistrées. », a rappelé le Collectif Défenseurs Plus.
« Malgré la situation de crise et de désespoir en Haïti, le gouvernement des États-Unis d’Amérique a décidé de refouler ces migrants dans un pays où la situation socio-économique de la population haïtienne devient de plus en plus précaire et alarmante. Accompagnés d’enfants de bas âge, certains migrants haïtiens ont marché pendant plusieurs milliers de kilomètres dans les forêts des pays de l’Amérique central (Panama, Guatemala, Nicaragua et Costa Rica) avant d’atteindre la frontière sud-américaine en passant par le Mexique. Certains sont même décédés durant ce long et pénible périple. Leur objectif était d’arriver aux États-Unis d’Amérique afin d’améliorer leurs conditions de vie et celles des membres de leur famille restant en Haïti. », a décrit l’organisme des droits humains.
Fort de ce constat, le Collectif Défenseurs Plus invite les autorités compétentes haïtiennes d’entrer en toute urgence en communication avec les autorités américaines afin d’arrêter ces expulsions. Il a en profité pour inviter également « la communauté internationale en général et aux États membres de l’Organisation des États Américains (OEA) en particulier à voler au secours de la République d’Haïti afin qu’elle puisse trouver une voie de sortie à cette crise multidimensionnelle qui ronge le pays et qui pousse les Haïtiens et les Haïtiennes à fuir leur terre natale ».
En attendant la résolution de ces épineux problèmes structurels et conjoncturels en Haïti, les instances internationales des droits de l’Homme sont invitées à se prononcer sur la crise migratoire haïtienne. Le Collectif fait ainsi appel à la Commission Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH), au bureau du Rapporteur spécial sur les droits des migrants dans le cadre de ce dossier.
« La situation des droits des migrants dans les pays de l’Amérique du sud mérite une attention particulière de la communauté internationale. Elle se doit d’accompagner les États concernés par cette crise migratoire afin de traiter les personnes migrantes avec dignité. », conclut le Collectif Défenseurs Plus dans sa note.
Par: Fenel Pélissier
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