L'ex secrétaire général du conseil des ministres, Renald Lubérice, a accordé jeudi 16 septembre une interview à Magik 9, suite à sa démission ou révocation par le premier ministre Ariel Henry. L’ancien homme fort du Palais national a fourni une analyse sur « les motivations qui auraient pu poussé le chef du gouvernement à faire assassiner le président ». Selon lui, c’est dans l’objectif d’accaparer tout le pouvoir en faveur des oligarques corrompus ». M. Lubérice en a également profité pour soulever dans la foulée l'hypothèse que Joseph Félix Badio aurait rejoint le premier ministre à Montana après l'assassinat du président.
« Tout le pays peut confirmer que le premier ministre était en contact avec un des principaux suspects de l'assassinat du président », déclare Renald Lubérice, soulignant qu’ « un autre fait à vérifier, dit-il, c'est que le principal suspect a passé voir le premier ministre à l'hôtel Montana après l'assassinat du président ».
« Le premier ministre est en train de tout faire pour écarter tous ceux qui pourraient lui demander de rendre des comptes, notamment le commissaire du gouvernement », a soutenu l'ancien conseiller du feu président Jovenel Moïse.
Selon Renald Lubérice, l'appel de Joseph Félix Badio au premier ministre Ariel Henry le jour du meurtre aurait deux objectifs: « annoncer que la mission a été accomplie ou demander de lui apporter secours après avoir commis le meurtre ».
« Si maintenant l'on découvre que le premier ministre avait parlé à Badio, il faut qu'il explique exactement ce qu'il était en train de dire au principal assassin », exige l'ex secrétaire général du conseil des ministres qui croit que « les motivations d'Ariel Henry pour faire assassiner le président de la république seraient de s’accaparer tout le pouvoir ».
« Ariel Henry fait partie d'un réseau, et ce réseau probablement avait pré-planifié qu'il allait faire de lui premier ministre, puis assassiner le président et enfin avoir le pouvoir entre leurs mains », affirme Lubérice, indiquant que « ce réseau de politiciens et d'oligarques pensait rétablir des contrats et des avantages annulés par le chef de l'État, après son assassinat ».
Parallèlement, dans un communiqué
publié le 16 septembre, le bureau du premier ministre a apporté des clarifications concernant l'affaire d’échanges téléphoniques entre le premier ministre Ariel Henry et Joseph Félix Badio, un des suspects dans l’assassinat de Jovenel Moïse. « Le premier ministre a reçu d'innombrables appels la nuit de l'assassinat du président, de toutes sortes de personnes qui, en apprenant la terrible nouvelle, s'inquiétaient pour sa sécurité personnelle », écrit la primature. Selon le bureau, « des conversations avec des individus contre lesquels pèsent des accusations, ne peuvent, en aucun cas, servir pour incriminer quiconque, (notamment le premier ministre) ».
En réponse aux informations selon lesquelles, il aurait été démis de ses fonctions par Ariel Henry, Renald Lubérice précise que « le premier ministre n'est pas autorisé à le faire, arguant que « seul le conseil des ministres peut exercer les attributions du président de la république qui a le droit de nomination et de révocation »
Par: Juhakenson Blaise
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