Le président de l’Association nationale des greffiers haïtiens Martin Ainé critique l’attitude des autorités policières qui n’accompagnent pas souvent les greffiers après le constat verbal d’un dossier de justice.
Les greffiers sont souvent laissés tout seuls et sans protection après le constat verbal d’un dossier de justice et même sensible. C’est en tout cas, ce qu’a laissé entendre le numéro un de l’ANAGH. Martin Ainé a fait la révélation mercredi à l’émission panel Magik suite à la menace subie par les deux greffiers qui ont accompagné le juge de paix Carl Henry Destin pour verbaliser, constater et faire des perquisitions après l’assassinat de l’ancien président Jovenel Moïse.
« Ce n'est pas la première fois que les greffiers subissent des menaces. Ils sont souvent attaqués, tabassés par des bandits », a déploré le président de l'ANAGH, avant de dénoncer la légèreté du côté des forces de l'ordre qui laissent tout seul le greffier Marcelin Valentin rentrer chez lui après le constat avec tous les documents sensibles du constat en sa possession.
« Les autorités oublient que toutes les informations de première main se trouvent à la disposition du greffier après le constat verbal », regrette Me Martin Ainé.
« Toutes les déclarations et matériels sont inscrits dans les cahiers du greffier. Aux heures du bureau, le greffier doit retourner au tribunal pour ordonner au secrétaire de taper les auditions afin de délivrer les expéditions au parquet pour les suites légales. En dehors des heures de bureau, le greffier doit se rendre chez lui avec le cahier qui contient des informations utiles pour le procès », précise le président de l'ANAGH, rappelant que parfois des individus exercent des pressions sur les greffiers en vue de le forcer à modifier certains éléments dans ce cahier.
« Quand les témoins parlent sur le vif du sujet, l'information est fraîche et c'est plus près de la vérité. Après quelques jours, il peut y avoir un lavage de cerveau. C'est pourquoi, le plus souvent, les informations fournies sont contradictoires devant les tribunaux », signale Me Martin Ainé.
Par: Michelson Césaire
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