PubGazetteHaiti202005

Nomination du Dr Ariel Henry comme nouveau premier ministre,  l’opposition y voit « un acte illégal et inconstitutionnel »  

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La nomination du Dr Ariel Henry lundi 5 juillet par arrêté Présidentiel comme le premier ministre du Président Jovenel Moïse a suscité des réactions de la part des membres de l'opposition qui ne voient pas de bon œil cette nomination. C'est le cas par exemple pour la structure politique MOPOD qui juge cette décision comme étant « illégale, illégitime et inconstitutionnelle ».
 
Les recommandations proposées par la récente mission de bons offices de l'OEA en Haïti semblent ne pas être prises en compte par le pouvoir en place, à savoir la désignation d'un nouveau premier ministre avec un cabinet ministériel qui a la confiance de la population et la nomination d’autres membres au Conseil électoral provisoire.
 
Quelques jours après le rapport de la mission de bons offices de l'OEA qui a séjourné en Haïti du 8 au 10 juin 2021, le Président Jovenel Moïse nomme son 7ème premier ministre après avoir renouvelé à deux reprises le chancelier Claude Joseph comme premier ministre ad intérim.
Une décision que bon nombre de structures politiques voient comme étant « illégale », C’est le cas pour le Porte-parole du Secteur Démocratique et Populaire, André Michel qui a réagi quelques heures après la publication de l’arrêté nommant le Dr Ariel Henry premier ministre 
 
« Le mandat de Jovenel Moïse a pris fin depuis 7 février 2021. Depuis cette datte, tout ce qu'il fait dans le pays est illégal », a réagi André Michel, arguant que cet acte est fait hors de ce que prescrit la loi mère du pays qui est la constitution.
 
Me André Michel, rejette pour une énième fois l’appel de l’exécutif pour un gouvernement d’ouverture. « Le Secteur Démocratique et Populaire ne va pas négocier et cohabiter avec le gouvernement de Jovenel Moïse », a fait savoir l’ancien candidat au sénat pour le département de l’Ouest.
 
Pour le Porte-parole du Mouvement Patriotique et Populaire Dessalinien (MOPOD), Raphaël André, la nomination du Dr Ariel Henry constitue un « acte illégal et inconstitutionnel ». Dans une interview accordée à la rédaction Gazette Haïti ce mardi 6 juillet, le porte-parole soutient que le mandat de Jovenel Moïse a pris fin depuis le 7 février 2021 et que toute action entreprise par ce dernier après cette date est entachée d’illégalité et d’inconstitutionnalité 
 
« Le pays n'a pas un problème de premier ministre ni un directeur ou un Secrétaire d’État mais le pays a un problème d'un système qui s’assoit sur l’exclusion, la corruption et qui produit de la misère et de l’inégalité sociale », a fait remarquer le porte-parole de MOPOD 
 
André Raphaël continue de rejeter l’appel à participer à un gouvernement d’ouverture proposé par le président de la république. Selon lui, seule la démission de Jovenel Moïse pourrait apporter une solution à la crise actuelle qui sévit dans le pays 
  

Le Dr Louis Gérald Gilles, leader du parti NOULAH s'en tient à l'accord du 5 juin. Selon cet accord, dans le cadre d'une médiation, Jovenel Moïse allait quitter le pouvoir immédiatement après l'installation d'un gouvernement doté d'une feuille de route claire. Pour le Dr Gilles, la nomintation de manière unilatérale du DR Ariel Henry ne concerne pas le groupe avec lequel il travaille.


Un membre du CADOAH, l'ex sénateur Yvon Feuillé déclare que la structure à laquelle il appartient n'est pas concernée par la nomination du Dr Ariel Henry comme premier ministre. « Jovenel Moïse n'a plus de mandat, il ne saurait nommer un premier ministre », soutient-il. Il appelle à la poursuite de la mobilisation pour faire partir le locataire du Palais National et engager, dit-il, le pays dans une véritable transition. 

Même son de cloche du côté de l'ex député de Dame-Marie Jean Acluche Louis Jeune qui rappelle à Jovenel Moïse qu'il n'est plus président. Il conseille à ses amis de l'opposition de ne pas intégrer le gouvernement de Ariel Henry.
 
 
 
Pour faire échec à l’ensemble de projets de Jovenel Moïse, le porte-parole annonce pour bientôt la reprise de la mobilisation générale sur l’étendue du territoire national. Outre cela, il dit vouloir concerter avec les forces progressistes afin de trouver une entente dans un temps pas trop lointain pour faire sortir, espère-t-il, le pays de cette situation de crise. 
 
 

 

 

 

 

 

Par: Fenel Pélissier

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