PubGazetteHaiti202005

Insécurité à Martissant, le département du Sud en fait les frais

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Plus d’un mois depuis que l’insécurité règne à l’entrée sud de la capitale. Les gangs de Grand Ravine et de Tibwa s'affrontent et opèrent en toute quiétude. Ce climat de terreur ne reste pas sans conséquences : paralysie presque totale de moyens de circulation entre Port-au-Prince et quatre départements dont le Sud où le secteur commercial, l’électricité, le secteur du  transport en commun, entre autres, sont véritablement touchés.

Sur le plan commercial, les magasins en rupture de stock augmentent le prix des marchandises. Les « Madan sara » sont dans l’impossibilité d’écouler leurs marchandises à Port-au-Prince par peur d’être victimes des violences des gangs armés de Martissant. Déficit total pour ces mères de famille.

En ce qui à trait aux produits pétroliers, notamment la gazoline, c’est le marché noir. Les pompes à essence fonctionnent rarement. Quand elles s’ouvrent, ce n’est pas pour longtemps. Le prix des courses augmente. Ce qui occasionne des altercations entre chauffeurs et passagers.

Le trajet Cayes-Port-au-Prince ou Aquin-Port-au-Prince diminue. Peu de bus communément appelés « pappadap » sont remarqués dans les stations. Plusieurs chauffeurs interviewés à ce sujet ont fait savoir qu’ils ne voyagent pas au même rythme et c’est à cause des violences à Martissant. « Nous avons peur d’être victimes, nous a déclaré l’un des chauffeurs. Nous prenons parfois le risque, c’est parce que nous avons des responsabilités envers notre famille, sinon nous resterions chez nous », poursuit-il.

L’électricité d’Haiti n’est pas épargnée. Le black-out s’installe en maître. Dans une rencontre avec la presse la semaine écoulée, le directeur du centre semi autonome des Cayes, M. Brunache Pierre Denès a declaré que le centre est dans l’impossibilité de servir la clientèle en raison de manque de carburants. Selon le directeur, des commandes sont faites auprès des compagnies mais les fournisseurs n’arrivent pas à livrer le produit en raison de l’insécurité qui s’installe à Martissant. 

Ces affrontements à l’entrée sud de la capitale ont de graves répercussions sur la vie des citoyens.  Le Vendredi 2 juillet, un petit avion assurant le transport entre Port-au-Prince et Jacmel s’est écrasé à Léogâne dans la localité de « Beausejour ». Les 6 personnes à bord de l’appareil dont les deux pilotes dominicains ont tous été tués. La situation de tension à Martisant pousse certaines personnes à opter pour ce moyen de transport que seule une infirme partie de la population peut se payer. 

 

 

 

 

Par: Gazette Haiti

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