Depuis le départ du premier ministre Joseph Jouthe, l’interim est assuré par le ministre des affaires étrangères Dr Claude Joseph. Entre-temps, un processus de dialogue a été annoncé par le pouvoir en place « en vue de former un gouvernement d’union nationale ». Selon les dernières informations, ils sont au nombre de 9, les « premiers ministrables » Certains se retrouvent dans l’opposition, d’autres sont des alliés ou proches du régime.
Simon Dieuseul Desras
Ancien président du Sénat à trois reprises et l'un des plus grands pourfendeurs du président Jovenel Moïse au sein de l'opposition, Dieuseul Simon Desras souhaiterait devenir premier ministre dans ce contexte politique délétère. Il ne le cache pas, mais veut un accord politique. En profond désaccord avec ses camarades de l'opposition sur le plan stratégique, il est prêt à enterrer la hâche de guerre avec le chef de l’Etat.
Pour lui, « aucun sacrifice n'est trop grand s'il faut sauver Haïti ».
Evalière Beauplan
Jovenel Moïse pourrait aussi jeter son dévolu sur l’ancien parlementaire mais ne souhaiterait pas cohabiter. Trois fois élu sénateur du Nord-ouest et figure de proue de l'opposition, Evalière Beauplan fait partie des « premiers ministrables » mais ce dernier hésite. Il se montre plutôt prudent et discret sur la question. L'ex sénateur rêve d'une sortie heureuse de la crise à partir d'un vrai accord, dit-on. Il en discuterait régulièrement avec le président de la république, celui qu’il a longuement combattu au sein du secteur démocratique et populaire ( SDP). D'ailleurs, avec ses camarades de l'opposition, il ne l'a jamais caché.
Au moment de la signature de l'accord Marriot, une frange de l'opposition le voyait déjà comme premier ministre de la transition. Sa nomination comme celle de Desras constituerait un coup dur pour l'opposition.
Joseph Lambert
Le président du tiers du Sénat Joseph Lambert a toujours été un allié du PHTH jusqu'à ce qu'il soit brouillé avec Jovenel Moïse en 2020 lorsque ce dernier devait nommer le remplaçant de Jean Michel Lapin. L'animal politique qui est depuis passé dans l'opposition estime avoir été l'homme du moment mais le président en avait décidé autrement et de manière inélégante, estime-t-il. Il veut être premier ministre mais pas celui de Jovenel Moïse. Si un accord le décide, il répondra à l'appel pour aider à sortir le pays de la crise et du coup boucler sa carrière politique répète-il, souvent
Walson Sanon
Originaire du Nord et fondateur du Parti Louvri Baryè (PLB) avec le feu sénateur Renaud Bernardin n'est pas trop connu de la scène politique pour n’avoir jamais été un leader de premier plan. Homme d'affaires, il a participé à la fondation du Secteur Démocratique, mais a dû former un autre regroupement politique avec Dieuseul Simon Desras ( ANFÒS) en raison des divergences profondes avec certains camarades dudit Secteur. Depuis un certain temps, il prõne le dialogue comme seule issue pacifique à la crise et serait même devenu proche de Jovenel Moïse, selon des informations qui circulent au niveau de l'opposition.
Joanas Gué
L'ex-ministre de l'Agriculture de René Préval qui connait très bien Jovenel Moïse est aussi sur la liste de Jovenel Moïse. Agronome de terrain, Joanas Gué connait Haïti sur le bout de ses doigts et on le présente comme un technicien maitrisant ses dossiers. C'est la deuxième fois que Jovenel Moïse penserait à lui comme son premier ministre. Il est lui aussi très discret et ne ferait pas de lobby pour le poste mais si cela devait aider à sortir Haïti du bourbier, il accepterait de s'aventurer avec un accord politique lui permettant de diriger. Membre fondateur du parti politique « Verité »,
Gué est un homme transversal ayant ses tentacules tant dans le secteur politique qu’au niveau de la classe des affaires.
Josué Pierre Louis
Ancien ministre de la justice, il a occupé le poste de secrétaire général de la présidence et de la primature sous Martelly. Ex Coordonnateur de l’Office de management et des ressources humaines (OMRH), Josué Pierre Louis était aussi sur la liste mais se serait retiré. Celui qui a combattu avec arguments à l'appui le projet de référendum de Jovenel Moïse est revenu en force sur la scène. Selon des informations, il serait régulièrement consulté et par le pouvoir et par l'international dans la recherche d'une solution à la crise. Il dit préférer jouer ce rôle pour l'instant.
Rodolphe Joazile
Il est aussi un ancien président du Sénat de la République. Allié de Jovenel Moïse depuis un moment, Roro Joazile comme on se plait à l'appeler chercherait à être premier ministre dans ce contexte. Il n'est peut-être pas bien placé sur la liste mais reste un acteur important puisqu'il est membre de l'Accord de Kinam composé d'un groupe de partis et particules proches du pouvoir qui ont toujours soutenu Jovenel Moïse dans les moments les plus difficiles.
Ariel Henry
Ancien ministre de l'Intérieur et des Affaires Sociales de la Plateforme politique INITE sous Michel Martelly, Ariel Henry contre toute attente est revenu en scelle. Il a prêté ses services à INITE mais fait partie des fondateurs de la Fusion des Sociaux Démocrates. Il serait supporté par un groupe d'anciens parlementaires du pouvoir et de l'opposition dont les noms n'ont pas encore été révélés. Il est présenté comme un homme de bon commerce ayant des relations avec de nombreux secteurs pour être le médecin ( neuro-chirurgien) d'un nombre important de personnalités du pays. Selon nos informations, Jovenel Moïse aurait même manifesté son intention de le nommer. Un consensus serait même déjà dégagé autour de lui mais on ignore encore les secteurs qui auraient déjà donné leurs mots.
Claude Joseph
Claude Joseph a vite gravi les échellons au sein du pouvoir. Chargé d'affaires en Espagne, il allait remplacer Bocchit Edmond, un vieux routier de la diplomatie haitienne. Celui dont plus d'un doutait de la capacité à être un vrai chancellier en raison de son jeune âge et de sa méconnaissance du millieu n'a pas mis trop de temps pour convaincre Jovenel Moïse qu'il était l'homme qu'il cherchait. Défenseur impénitent à la fois du mandat de son président jusqu'au 7 février 2022, du référendum et des élections, mobilisant toute la machine diplomatique auprès de l’international en soutien au chef de l’Etat, le Dr Claude Joseph s'est mouillé le maillot jusqu'à devenir chef de gouvernement par intérim de Jovenel Moïse. Il est un des favoris de Jovenel Moïse et était sur la courte liste de ceux qui pourraient l’accompagner dans sa traversée du désert. Selon les informations, il se serait retiré, preférant « aider son président à trouver un accord politique pouvant garantir la paix et la stabilité ».
Alors que Jovenel Moïse et son équipe pensent à choisir un nouveau premier ministre et former un gouvernement avec certains de ses adversaires politiques dans le cadre d'un accord minimal, une frange importante de l'opposition, qui n'écarte pas le dialogue quant à elle, tient mordicus à une médiation, sans oublier ceux qui demandent purement et simplement le départ du chef de l’Etat estimant que son mandat est arrivé à terme depuis le 7 février 2021.
Jovenel Moïse est en train de jouer sa dernière carte à un moment où c'est la marrée basse au niveau de l'opposition, ce qui peut lui laisser l'impression d'avoir devant lui tout un boulevard. Il semble qu'on s'achemine vers un gouvernement qui ne sortira pas d'un véritable accord et qui aura la difficile tâche, selon le voeu du pouvoir, d'organiser des élections et le référendum dans un pays totalement divisé et en proie aux violences des gangs armés. Dans de telles conditions, nous sommes partis pour de nouvelles années de crise avec toutes ses conséquences sur notre devenir.
La mission de l’OEA qui a séjourné en Haïti vient de soumettre son rapport au gouvernement et appelle à la nomination au plus tard à la mi-juillet d'un nouveau premier ministre et la formation d'un nouveau cabinet ministériel. Elle exige aussi la formation d'un nouveau CEP et le rétablissement de la séciurité. Connaissant le poids de l’international dans les décisions politiques haïtiennes, il est plus que certains que les lignes. vont vite bouger. Il n'est que d'attendre..
Par Gazette Haïti
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