Les mesures barrières pour stopper la propagation du coronavirus ne sont pas respectées à Port-au-Prince. Au niveau du transport en commun, dans les églises, les marchés publics, des gens s’en fichent même. Ils ne craignent pas les deux variants brésilien et anglais qui sèment le deuil dans des familles haïtiennes depuis un peu plus d’un mois.
Le comportement de la population par rapport à la propagation du coronavirus est de plus en plus irresponsable. Dans les marchés publics, les églises, les rues, les camionnettes et autobus assurant le transport en commun, l'on assiste à une négligence spectaculaire dans cette période de deuxième vague de la pandémie en Haïti avec la présence de deux variants redoutables « brésilien et anglais ».
La mauvaise pratique d'entasser les gens comme des sardines se poursuit dans le secteur du transport en commun. Dans des églises, les fidèles baissent la garde et continuent de « croire au Bondieu bon » pour les épargner de la transmission du covid-19. La vidéo de ce « prophète » entrain d'asperger les visages des fidèles aux moyens d’une serviette trempée comme recette anti-covid fait le tour des réseaux sociaux. Preuve que l'on est dans le déni total.
La sensibilisation visant aux respects des mesures barrières n’est plus au rendez-vous. L’État quasiment inexistant sur ce point. Le port du masque est un chapitre à l'ancienne pour bon nombre de gens à Port-au-Prince. Sinon quelques entreprises qui imposent ce dernier.
Le couvre-feu imposé par les autorités en place aux environs de 22 heures est loin d’être respecté. Cette fois, nos autorités, qui s'étaient attribuées un satisfecit par rapport à la gestion de la première vague, restent passives. Aucune pression n'a été exercée sur la population sur le port du masque et la distanciation sociale comme c’était le cas au début de l'introduction de la pandémie en mars 2020.
L’État haïtien s’inscrit aux abonnés absents et la vanne est ouverte pour les fêtards qui se lancent à fond dans leur quête de jouissance en ce début de période estivale où la chaleur est insoutenable.
Carwash party n’étant plus à la mode, les piscines sont bondées de gens qui s'amusent à tue-tête. La débauche et l'alcool synchronisent parfaitement bien dans ces espaces. « Nous n’avons plus de loisirs dans ce pays. La piscine est le seul qui nous reste parce que les bandits occupant les routes nationales nous privent de le plaisir de la mer », balance un jeune fêtard à Clercine commune de Tabarre.
Assurance sur les remèdes traditionnelles, méfiants sur le vaccin …
Fisiane s'insurge contre la venue du vaccin en Haïti. Elle préfère l'infusion des remèdes traditionnels composés à base de plantes. « Je ne vais pas administrer ce vaccin. Malheur à la direction de l'école de mon enfant qui va prendre une telle décision pour mon enfant », lâche cette dame, infirmière licenciée.
Depuis les États-Unis d’Amérique, Mike reçoit l'appel de sa sœur qui lui prescrit la recette, selon elle, capable de l'aider au cas où il serait infecté par le covid-19. « Il te faut du gingembre, de l'oignon violet, de la cannelle, du citron et du sirop de miel pour préparer la recette contre le covid-19 », détaille la dame à son frère.
Dans l'attente de l’arrivée du vaccin en Haïti qui fait redouter plus d’un, la catastrophe frappe à nos portes. Les cas de contamination (17,603) et de décès (388) liés au coronavirus augmentent considérablement. Aux dernières nouvelles, on append la mort du président de la cour de cassation, Me René Sylvette, terrassé par la maladie.
Par: Michelson Césaire
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