PubGazetteHaiti202005

Haïti-Insécurité: menacé par des gangs armés, le photojournaliste Dieu-Nalio Chery quitte définitivement le pays 

Le photojournaliste Dieu-Nalio Chery

Le photojournaliste Dieu-Nalio Chery après avoir fait l'objet de menaces des gangs armés quitte définitivement Haïti. Dans un enregistrement audio disponible sur les réseaux sociaux, le photojournaliste explique qu'il était activement recherché par des bandits pour avoir pris des clichés sensibles des civils armés qui transportaient les personnes qu'ils ont tuées lors de la scène de pillage enregistrée à la Universal Motors le 17 mars dernier. 
 
C’était le 17 mars dernier, explique-t-il, quelques jours après l’assassinat des policiers à village de Dieu, lors du mouvement du groupe Fantom 509 pour demander la récupération des corps des policiers tombés dans cette opération. « J’étais sorti pour un reportage comme d’habitude, je suivais le groupe fantom 509 durant tout leur parcours », dit-il.
 
Arrivés sur la route de l’aéroport devant les locaux de l'Universal Motors, les policiers après quelques échanges de tirs avec les agents de sécurité sur place, ont fait l’irruption dans le bâtiment », raconte Dieu-Nalio Chery qui dit avoir fait l’objet de menaces à ce moment-là par ces mêmes policiers qui lui ont demandé de baisser sa caméra, décision à laquelle il avait obéi, raconte le photojournaliste.
 
« J'avais appris également qu'on était en train de piller CASAMI, je me suis rendu plus vite que ça pour être témoin des faits.  De retour, j’avais pu constater que les gangs de Simon Pelé ont déjà envahi la Universal Motors. Ils ont criblé des gens avec des armes automatiques et par la suite ils ont transporté les corps de ces personnes afin d’éviter de laisser des traces », explique-t-il 
 
Je me suis caché derrière un mur pour prendre les clichés de ces civils armés, en train de transporter les cadavres de ces gens tués. Et quand je me suis aperçu qu’ils pourraient découvrir ma cachette, je me suis tiré en toute hâte avec le chauffeur de Taxi moto qui m’accompagnait », poursuit Dieu-Nalio Chery.
 
Le photojournaliste explique quelques jours plus tard qu’il a été appelé au téléphone par un autre journaliste qui l'informait que les gangs étaient à sa recherche. C’est à ce moment qu'il dit commencer à  paniquer.
 
« J'ai contacté l’Agence où je travaille pour l'informer de la situation. Et c’est après que ma voiture qui se trouvait entre les mains d'un autre journaliste avait été criblée de balles, que j'avais commencé à prendre au sérieux ces menaces, dit-il. D’où cette décision de laisser le pays accompagné des membres de ma famille », indique celui qui est considéré comme l’un des meilleurs dans son domaine en Haïti.
 
 
 
Le photojournaliste Dieu-Nalio Chery a déjà été victime à plusieurs reprises. Rappelons en 2019, il avait frôlé la mort au Parlement haïtien lors d'un mouvement de protestation des militants dans l’enceinte du Parlement. Tout récemment, en février 2021, il a été blessé à la jambe par une grenade lacrymogène lancée par des policiers contre la voiture de la Radio télévision Pacifique lors d’une manifestation à Port-au-Prince.
 
 

 

 

 

 

 

Par: Fenel Pélissier

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