Le nombre de pompes à essence en rupture de stock des produits pétroliers à Port-au-Prince continue d'augmenter. Elles ne sont plus alimentées depuis l'affrontement entre gangs armés qui prennent en otage la sortie sud de la capitale au niveau de Martissant. La peur s'empare des transportateurs de traverser Martissant avec ces produits enflammables. Entretemps le galère continue pour les consommateurs. Dans les rares pompes qui distribuent ces precieux liquides, c'est l'affluence totale.
À Port-au-Prince, trouver de l'essence dans les pompes est une mission quasi-impossible. Martissant étant infranchissable à cause de l'affrontement entre gangs armés, les transportateurs ne prennent pas de risque de traverser avec des produits pétroliers, confient off de record des agents de sécurité de plusieurs pompes.
Du coup, le calvaire continue pour les consommateurs. C’est le cas de Jacques qui cherche deséspérement une pompe qui fonctionne. Agrippé derrière un motard, il passe de carrefour en carrefour avec 4 gallons vides en mains. « Je suis à la recherche de l'essence depuis ce matin. Je ne compte pas rentrer sans en trouver. Je vais continuer à silloner les rues pour voir s’il y une station service qui vend de l’essence», explique Jacques.
Pourtant pas de rareté de carburant si l'on en croit un membre de communication de BMPAD, Marie Danielle Pierre Charles. Cependant, la distribution des produits pétroliers dans les pompes à essence à Port-au-Prince tarde encore en raison du climat d'insécurité dans la sortie sud de la capitale où l'affrontement des gangs de « Tibwa » et de « Grand-Ravine » paralyse la route. Pas de trêve même pour laisser passer les camions transportant les produits pétroliers.
Il est 11 h. Entre l'avenue Magloire Ambroise et rue Cameau, des gens se bousculent et s'engouffrent devant une pompe à essence pour faire le plein au moyen des gallons jaunes. Coincés et bousculés, les deux pompistes qui vendent le gazoline dans les gallons ne peuvent alimenter les voitures.
Pour calmer les nerfs des gens en quête de ce précieux liquide, l'agent de sécurité a dû utiliser son arme afin de disperser un peu la foule. Mais le désordre continue de régner.
Dorian, lui se sens soulagé d'avoir rempli ses gallons. « Je suis à bout de souffle. La tâche n'a pas été facile. Tout le monde souhaite remplir en premier son récipient. Je suis là depuis ce matin à utiliser des stratégies afin de trouver la gazoline pour ma moto », raconte Dorian. Dans la ligne, pas de pitié pour les femmes qui viennent aussi acheter la gazoline.
Dans l'intervalle d'une heure, l'agent de sécurité ordonne de couper l'alimentation dans cette pompe à essence située entre l'avenue Magloire Ambroise et rue Cameau.
Au niveau de l'avenue Marting Lutter King, les pompistes se retirent et laissent le champ libre à certains privilégiés de remplir leur récipient en toute discrétion. La prise de photo de notre photojournaliste soulève la colère de ces derniers qui n'ont pas manqué de proférer des menaces à son encontre.
Il faut souligner que ce n'est pas pour la première fois que la population se trouve confrontée à une pénurie de carburant. Quand ce n'est pas la commande de BMPAD qui est placée tardivement qui la provoque, c'est au tour des activités de banditisme qui paralysent la circulation sur les routes et empêchent la distribution des produits pétroliers dans les pompes. Un responsable de communicatiom de BMPAD assure qu'il n'y a pas de rareté et explique qu'un bateau est arrivé lundi soir avec 250 mille barils de gazoline et de 45 mille barils de kérosène.
Par: Michelson Césaire
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