Lors de la réunion du conseil de sécurité de l'ONU, le jeudi 17 juin 2021, autour de la situation préoccupante d'Haïti, le premier ministre a.i et ministre des affaires étrangères Dr Claude Joseph a réaffirmé « l’engagement et la détermination du président Jovenel Moïse de dialoguer avec l’opposition en vue d’organiser des élections générales en Haïti cette année pour renouveler le personnel politique et de s’assurer du transfert de pouvoir le 7 février 2022 à un président légitimement élu ».
Dans son intervention, le PM a.I, accuse une « certaine frange de l'opposition » d'être le grand responsable de la situation d'instabilité politique du pays. Il s’en est pris à l’opposition qui ne jure que par la transition. Ce qui, selon lui, ne fait que détruire les institutions du pays.
« Depuis plus deux ans le pays connait une situation socio-politique extrêmement difficile caractérisée par des tentatives récurrentes de déstabilisation et de troubles à l'ordre public, orchestrées par une certaine branche de l'opposition qui ne jure que par le désordre », a déclaré d'entrée de jeu le premier ministre Claude Joseph après avoir salué les membres de l'assemblée.
Critiquant le dernier rapport du BINUH sur Haïti qui « ne tient pas compte des progrès significatifs réalisés par le régime durant les trois et quatre dernières années entre autres pour le respect des droit de l'homme, la lutte contre la corruption, le renforcement de l'État de droit », le premier ministre remercie toutefois l'ONU « pour son soutien au peuple haïtien, victime des incompréhensions des politiciens et des oligarques ».
Dans ses propos, Claude Joseph n’a pas cessé de s'en prendre à l'opposition qui selon lui, refuse le dialogue. Il confie au conseil qu' « en attendant que l'opposition se résolve enfin à jouer la carte du dialogue et de concertation, l'exécutif assume ses responsabilités vis-à-vis de la nation. Il met le cap sur l'organisation des élections à tous les niveaux en fin de l'année en vue de renouveler le personnel politique, remettre en fonctionnement les institutions democratiques et le transfert du pouvoir le 7 février 2022 », a indiqué le premier ministre a.i, position partagée par les membres du conseil.
Après l'opposition, le premier ministre met une couche à la constitution de 1987
La situation politique que connait Haïti est on ne plus préoccupante, a avancé le premier ministre, indiquant qu’ « elle est alimentée par la constitution de 1987, qui est pour beaucoup dans le déséquilibre du développement de l'économie nationale. Alors dans le souci d'attaquer ces problèmes à la base, et d'apporter des solutions durables, le président est prêt à offrir une nouvelle constitition pour mettre fin, dit-il, à ce cycle infernal de l'instabilité politique ».
« Suite à une large consultation, le président a pris un décret le 28 octobre 2020 portant création du Comité Consultatif Indépendant (CCI) pour rédiger le texte (de l'avant-projet de la nouvelle constitution) », a fait savoir M. Joseph qui souligne pour l'assemblée qu' « une partie de la classe politique et d'autres acteurs qui profitent de la constitution 1987 sont opposés en vue de torpiller le projet ». Selon ses déclarations, le CCI s'est bien acquitté de sa tache, en s'appuyant sur divers rapports réalisés sur la constitution de 1987 et est complété par des experts nationaux et internationux y compris le BINUH et l'OEA.
S’il est vrai que le projet du référendum a été reporté par le CEP en raison de la recrudescence des cas de contamination de Covid-19, cependant le chancelier haïtien a tenu à annoncer devant le conseil de sécurité que la date de la tenue de ce chantier du président sera connue sous peu.
Par ailleurs, Claude Joseph se dit préoccupé par la situation d'insécurité du pays, et il a déclaré être en train de prendre toutes les dispositions pour enrayer le kidnapping, un point qui a préoccupé presque tous les représentants du conseil de sécurité de l'ONU.
D'après le chef du gouvernement, les forces de l'ordre sont mobilisées à cette fin en dépit de leur limitation et de leur faiblesse. Il appelle dans ces conditions au soutien de l'international. En effet, le représentant des États-unis qui félicite le report du référendum promet 5 millions de dollars américains au renforcement de la police en vue de travailler avec les communautés pour faire face aux actions des gangs.
A l'occasion de cette réunion d'information sur Haïti au cours de laquelle les membres du conseil ont critiqué le pouvoir d'avoir rien fait pour punir les coupables des massacres dans les quartiers populaires, dans le dossier de l'assassinat du bâtonnier Monferrier Dorval qui est au point mort, et réclamé la réédition des comptes, le premier ministre a.i, quant à lui, a mis l’emphase sur les élections. « Nous mettons les bouchées doubles pour faire avancer le processus électoral, c'est un gage démocratique et le président Jovenel Moïse et le gouvernement s’y engagent », a déclaré Claude Joseph qui dit attendre l'appui financier des partenaires.
Faisant la promotion des élections en Haïti cette année devant les membres du conseil de sécurité de l’ONU, le chef du gouvernement, en même temps chancelier haïtien a fait savoir que « la voie de la transition est la voie à éviter. Car, de 1986 le pays a connu pas plus de 15 gouvernements de tansition pour aucun résultat, paralysie des institutions et la faiblesse de l'État », a-t-il tancé.
Selon une note de la Primature, le PM Claude Joseph a eu un tête en tête avec le Secrétaire Général de l'ONU Antonio Guterres sur le processus éléctoral en Haïti. " Le Secrétaire général a renouvellé le soutient de l'ONU au processus politique en Haïti notamment à l'organisation des élections à tous les niveaux avant la fin de l'année 2021 " informe la Primature.
Par Juhakenson Blaise
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