« Une nouvelle vague de violence des gangs dans la capitale haïtienne, Port-au-Prince, a forcé près de 8 500 femmes et enfants à fuir leur foyer en seulement deux semaines », écrit l'UNICEF dans un communiqué de presse paru le 14 juin 2021 sur son site.
« 2 045 femmes et 2 146 enfants ont trouvé refuge à Carrefour dans le sud-ouest de Port-au-Prince et à Bas Delmas au cœur de la ville. En plus, quelque 5110 autres personnes déplacées (avec 2 095 femmes et 2 199 enfants) seraient hébergées par des familles d'accueil à Carrefour ou dans d'autres régions voisines ou se sont réfugiées dans d'autres régions du pays », indique le communiqué.
« À chaque fois, les affrontements entre groupes armés sont plus violents et chaque fois, plus de femmes et d'enfants sont contraints de fuir leur domicile », a déclaré Bruno Maes, représentant de l'UNICEF en Haïti, pour qui des milliers d'enfants et de femmes sont pris entre deux feux.
« Les familles déplacées à qui j'ai parlé ont tout perdu et ont un besoin urgent d'eau potable, de nourriture, d'articles d'hygiène personnelle, de matelas, de couvertures et de vêtements », poursuit le représentant.
Ce récent pic de violence se développe, affirme l'UNICEF, au milieu de la recrudescence des cas de COVID-19 en Haïti. « Du 1er avril au 5 juin 2021, les cas confirmés sont passés de 12 840 à 16 079 », rappelle UNICEF, ajoutant qu' « au cours de la même période, Haïti a enregistré plus de 27% des 346 décès depuis le début de la pandémie l'année dernière ».
La violence des gangs armés, un obstacle à l'aide humanitaire en Haïti
« C'est inacceptable. Les agents de santé doivent immédiatement avoir un accès sans limites à toutes les zones pour transporter les patients qui ont besoin d'une assistance d'urgence, et leur travail vital ne doit pas être entravé par des groupes armés. Fournir une aide humanitaire aux femmes et aux enfants déplacés dans les abris n'est pas suffisant. Beaucoup se retrouvent encore sans aucune aide humanitaire dans des familles d’accueil. À moins que nous ne regagnions l'accès aux zones touchées par la violence des gangs, davantage de vies risquent d'être perdues», a martelé Bruno Maes.
Autre bilan des actes criminels et affrontements entre groupes armés dans la capitale, à Port-au-Prince, selon le bureau de l'UNOCHA, au cours des neufs derniers mois, « 13 900 personnes ont été déplacées, avec environ 5 695 femmes et 5 984 enfants". "650 000 personnes sont actuellement affectées par le déplacement en Haïti, dont 500 000 dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince », a souligné le représentant de l'UNICEF en Haïti.
Selon M. Maes, « de nombreux enfants souffrent de malnutrition dans les zones urbaines de Port-au-Prince comme Martissant et Fontamara avec des taux de vulnérabilité élevés et un accès limité aux services sociaux de base ». L'UNICEF appelle dans ces conditions de toute urgence « les groupes armés à fournir à tous les acteurs humanitaires un accès sans restriction aux populations touchées ».
L'UNICEF qui informe, « malgré l'accès humanitaire limité à la zone de Martissant et Fontamara, avoir pu distribuer rapidement des articles d'urgence aux femmes et aux enfants déplacés abrités dans un gymnasium » dit avoir besoin de 2021, 48,9 millions de dollars américains pour répondre aux besoins humanitaires de 1,5 million de personnes en Haïti, dont plus de 700 000 enfants, qui ont été considérablement exacerbés par la pandémie du COVID-19 ».
« Jusqu'à présent, cet appel humanitaire est resté presque complètement sous-financé », a conclu l'UNICEF dans ce communiqué.
Par: Juhakenson Blaise
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