PubGazetteHaiti202005

Haïti/Référendum/Élections:- La diaspora haïtienne entend manifester le 18 juin devant le siège de l'ONU

manif de la diaspora à Washington ( archives)

Beaucoup d’haïtiens ont gagné les rues, le mardi 18 mai à Washington DC pour dénoncer la dictature, le kidnapping, la violation des droits humains, l’ingérence de la communauté internationale, en Haïti. Ils entendent récidiver le 18 juin devant le siège des Nations-Unies. 


La marche s’était réunie à Freedom Plaza et avait démarré dans une ambiance électrique mardi 18 mai à destination de la Maison blanche. Des bandes de rara créaient l'animation dans la foule. Les manifestants ont arboré des t-shirts sur lesquels ils ont véhiculé leur message: « Aba référendum », «Jovenel doit partir », « Vive la démocratie, non à la dictature ».

 
A l’initiative de plusieurs organisations dont VOIHLA, Haiti Brigade In, la diaspora haïtienne aux Etats-Unis est sortie en grand nombre à l’occasion de la fête du drapeau pour cracher sa colère contre la dictature, la violation des droits humains, le kidnapping et l’ingérence de la communauté internationale qui continue d’appuyer le pouvoir en place. Bicolore en mains, ils se sont rendus devant la Maison Blanche où la lecture d'une résolution a été faite. Très critique envers l'ingérence de la communauté internationale, ils ont invité les autorités américaines à « lâcher le pouvoir de facto de Jovenel Moïse ».


La congresswoman de New York, Yvette Clarke a accompagné les protestataires qui l’ovationnaient pour sa position qui, selon eux, allait dans le sens de la revendication des Haïtiens. D’autres figures iconiques de la musique haïtienne dont James Germain, Carole Demesmin, Emmanuel Obas, Farah Juste ont pris part à cette marche pour accompagner les manifestants dans leurs revendications. L’un des fers de lance de la mobilisation contre le pouvoir en place depuis Haïti, le pasteur Gérard Forge, l’ancien maire Yvon Jérôme, l’ancien député Milien Romage ont marqué leur présence à ce mouvement. 


« Nous ne voulons pas rester indifférents face à la situation en Haïti. Nous avons porté les revendications du peuple haïtien pour que les données puissent changer », a martelé Astrel Jean Gary, membre du comité de la mobilisation, joint au téléphone par la rédaction, satisfait de la forte présence des Haïtiens qui « sont venus dénoncer toutes les dérives en Haïti ».


« Nous voulons une meilleure situation pour la vie des Haïtiens. Le pays a assez souffert et c'est tout à fait le moment de redresser cette machine en panne et éradiquer ce système de corruption qui n'a jamais pris en compte les intérêts de la grande majorité », a indiqué pour sa part Sabine Philippe, leader de Brigade Haïti. 


« La communauté internationale fait semblant d’aider le peuple haïtien mais ce n’est pas le cas », a pesté Astrel Jean Gary qui supporte la mise sur pied d’une transition en Haïti. 

Sur la question du référendum de la constitution, Astrel Jean Gary informe que « la diaspora haïtienne rejette ce projet venant d’un président dont son mandat est arrivé à terme ». « Jovenel Moïse ne respecte pas les lois. Comment demander à un hors-la-loi d’organiser des élections démocratiques et changer la constitution du pays », a dénoncé Astrel Jean Gary. 

« Haïti est un pays indépendant, souverain et libre qui devrait prendre ses propres décisions concernant ses affaires internes. C'est inquiétant que la communauté internationale, d'autres acteurs qui n'ont pas des intérêts propres en Haïti n'aient pas respecté la revendication populaire. C'est un manque de respect de la part des pays amis de vouloir s'arroger le droit de s'immiscer dans les affaires du pays. Nous ne faisons pas ça chez eux. Nous avons la convention de Vienne qui trace les relations diplomatiques », se révolte Mme Philippe, souhaitant que cette ingérence internationale s'arrête une fois pour toute et qu'Haïti soit dirigée par ses fils qui prennent des décisions à l'Haïtienne qui vont résoudre les problèmes de leur propre pays. 


Au sujet de la communauté internationale qui veut à tout prix les élections, Sabine Philippe pense que c'est leur affaire de solliciter l'organisation des élections dans des conditions inacceptable. « C’est aux Haïtiens de décider de leur destiné », a soutenu Sabine Phillipe qui accordait un entretient à Gazette Haïti.

« Absolument, les Haïtiens sont impliqués dans la bataille. La situation va s'améliorer car quand on fait des efforts sur une base honnête qui priorise Haïti d'abord, je dirais que la délivrance n'est pas trop loin », a estimé la militante, appelant la population haïtienne à garder espoir que le pays allait se redresser. 

« La diaspora qui a été en retrait prend sa place parce qu'il s'agit de notre pays également », a-t-elle fait remarquer. 


Parallèlement, le 18 juin prochain, les Haïtiens entendent se rendre devant le siège de l'ONU. Astrel Jean Gary a tenu à préciser que cette marche serait organisée pour mettre en échec le référendum et l'organisation des élections dans le pays. 

« Le mandat de Jovenel Moïse a pris fin. Nous allons continuer de dire non au référendum et aux élections en Haïti. Nous exigeons une transition vers la démocratie. Nous ne laisserons pas la communauté internationale nous dicter une solution toute faite.  C'est aux Haïtiens d'élaborer un projet de société fiable. Nous avons fait un succès à Washington, nous espérons plus de monde dans la marche », a déclaré Astrel Jean Gary.


Le week-end écoulé, une rencontre autour du projet de référendum animé à NY par le ministre de l’intérieur Gonzague Day a été perturbée par des membres de la diaspora qui ont questionné la légalité de la démarche du gouvernement haïtien. Devant le Hilton Hôtel, un groupe d’haïtiens ont aussi manifesté, pancartes en mains pour dénoncer l’idée de Jovenel Moïse de doter le pays d’une nouvelle constitution par voie référendaire. 

 

 

 

 

Par Michelson Césaire

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