Haiti Tech, Centre de Formation Technique et Professionnelle, a procédé, ce jeudi 13 mars 2021, au cours d'un atelier, à la restitution de l'étude conduite sur l'insertion professionnelle. Cet atelier visant à présenter les résultats de l'enquête réalisée auprès de diverses entreprises haïtiennes, de nombreux centres de formation technique et professionnelle et de cellules de placement est financé par l'ambassade Suisse en Haïti et mis en œuvre par le Consortium Caritas Suisse et Suisse Contact. Cette enquête entre dans le cadre du projet dénommé « Système de Qualification au Travail (SQUAT) », conçu pour faciliter l'insertion professionnelle des jeunes sur le marché de la construction, via le renforcement de la formation professionnelle en Haïti ». Les organisateurs ont également procédé, ce 13 mai, au lancement de « la plateforme insertion professionnelle ».
Les résultats de cette étude menée par Haïti Tech se regroupent en cinq points ou parties. Dans la première partie concernant les institutions questionnées, l'étude souligne que « l'analyse du nombre de contrats exécutés par les firmes de construction dénote une chute du taux de contrats décrochés », indique le rapport.
La deuxième partie se concentre sur «le processus d'insertion au sein des institutions ». Du côté des institutions étatiques et de la société civile, « 68% ne disposent pas de politique d'insertion élaborée et de mise en application. Du côté des entreprises privées, 60 % présentent des lacunes en savoir-être », rapporte l'étude de Haïti Tech. Selon Pascal Chérise, consultant Haiti Tech, cette enquête va permettre avec l'entente MUO de réunir sur une même plateforme « les entreprises, les centres de formation et les futurs employés ». Au niveau des firmes de construction, li est constaté un faible taux d'embauche: « 70% de recrutement se fait sur recommandation, 40% après un stage, seulement 20 à 10% considérent les journaux et les expériences sur le tas, et 70 % misent sur qualification et l'expérience ». Pour les cellules d'orientation et d'insertion et les agences de placement en ligne, le rapport décèle que « les centres fournissent entre 175 à 500 diplômés par an et que 71% des entreprises affirment avoir employé au moins 25% de ces diplômes ».
Le troisième résultat, fait comprendre le directeur exécutif de Haïti Tech, Rhony E. Desrogene, est que «les institutions ciblées au cours de l'étude sont arrivés à deux définitions pour mieux décrire l'insertion :
« 1) le résultat de la conjonction des actions efficaces des acteurs étatiques et de la société civile qui jouent pleinement leur rôle dans la détermination d'une politique visant le développement économique et social du jeune finissant;
2) le résultat d'une stratégie d'accompagnement du jeune stagiaire, la faculté qui lui est donnée, vers l'intégration du marché du travail. Cette stratégie consiste fondamentalement en la sensibilisation, la formation, l'orientation et l'accompagnement technique du jeune ».
Le projet d'étude sur l'insertion professionnelle de Haïti Tech qui devrait se réaliser sur une période de trois mois a pris six mois pour être finalisé, vu les moments de turbulences politiques à répétition, indique M. Pascal Chérise. L'étude a été étendue à trois départements, le sud, le sud-est et l'ouest.
Comme quatrième résultat, l'enquête à permis « la mise en place d'une plateforme numérique pouvant faciliter l'insertion des jeunes et le captage des données qui s'y rattachent, en mettant en interaction les différents acteurs concernés ».
En cinquième lieu, c'est l'accord de MOU qui requiert l'implication des instititions dans la facilitation de l'insertion professionnelle. Le rapport de l'étude sur l'insertion révèle que « 56% des institutions étatiques questionnées ne disposent pas d'informations sur la question de l'insertion contre 44% affirmant en disposer. 10% des entreprises privées disposent des mesures d'accompagnement, 20% envisagent une méthode d'évaluation de l'insertion des jeunes professionnels, 60% des firmes jugent inadéquates les mesures actuelles visant à faciliter l'insertion et 77% des institutions ciblées estiment nécessaire d'apporter des modifications aux méthodes afin de faciliter l'insertion des diplômés ».
Ce sondage, selon le directeur exécutif Rhony E. Desrogene a permis d'analyser « l'insertion professionnelle dans divers métiers et particulièrement celui de la construction, en vue de mieux orienter les partenariats entre les différents entités pour stimuler l'employabilité ». Sur ce, face aux faiblesses révélées par l'étude, les institutions proposent pour l'insertion d'un plus grand nombre de travailleurs :
« la création de plus d'emplois; beaucoup plus d'implication de l'État et du secteur privé; financement et accompagnement des centres privés; partenariat avec les entreprises pour le développement de la formation en alternance et beaucoup plus d'initiatives d'associations et d'entrepreneuriat », telles sont certaines propositions des institutions questionnées lors de l'étude et qui ont signé l'entente de MUO.
Selon les données fournies, il y avait « 9 institutions étatiques et de la société civile, 10 entreprises privées, 10 firmes de construction, 9 cellules de placement et d'insertion et 2 agences de placement en ligne ».
Par: Juhakenson Blaise
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