Dans ce contexte de grave crise où la communauté internationale se positionne contre le projet de référendum en Haïti visant le changement de la constitution de 1987, du fait que « le processus n'est pas assez transparent, inclusif ou participatif », Juan Gabriel Valdés, ancien représentant spécial et chef de la mission des Nations-Unies pour la stabilisation en Haïti( MINUSTAH) et ancien ambassadeur du Chili aux États-Unis, souligne « la faillite de l'État en Haïti qui peine à répondre aux besoins de la population ». Pour le diplomate, « seul un gouvernement de transition qui a une un légitimité institutionnelle et populaire peut réaliser les élections et contrôler la violence en Haïti ».
«L'Etat haïtien a pratiquement disparu. Ses institutions, toujours faibles dans le passé, se sont effondrées devant le caractère autocratique d'un pouvoir exécutif qui n'a pas hésité à violer systématiquement la constitution pour accumuler le pouvoir », constate l'ancien représentant spécial et chef de la mission des Nations Unies en Haïti.
« L'augmentation de la pauvreté et de l'urbanisation dans les quartiers de Port-au-Prince ont multiplié l'existence de bandes armées qui vivent des enlèvements de personnes », soutient l'ex ambassadeur chilien. « la police est en manque de préparation suffisante et le soutien du gouvernement n'a pas été clair. De plus, nombreux haïtiens pensent que les hautes sphères publiques ou privées ont un certain degré de complicité avec les enlèvements », a-t-il indiqué. M. Valdés poursuit: l' «industrie» de l'enlèvement se développe sans aucune retenue d'aucune autorité.
Dans les déclarations de Juan Gabriel Valdés, il rappelle, comme dans le passé, que « les ravisseurs ne viennent pas uniquement des bidonvilles et peuvent constituer des entreprises rentables ».
Se sent soutenu par les organisations internationales et le silence de la nouvelle administration à Washington, le président Jovenel Moïse, dit Juan Gabriel Valdés, continue de faire avancer un projet autocratique, avec un plébiscite sur une réforme constitutionnelle qui n'en a pas la moindre possibilité d'être considérée comme légitime, ainsi que des élections organisées sous son mandat. Selon le diplomate, Jovenel Moïse a détruit les autres pouvoirs publics.
À l'issue du message de Juan Valdés rapporté par le site d'informations « The Dialogue », il fait savoir que « la crise actuelle en Haïti est plus grande que celle de 2004, qui a provoqué le début de la Minustah ». Il croit qu'en ce sens, « la communauté internationale n'a d'autre choix que de souligner clairement l'illégitimité et l'incapacité du gouvernement actuel à résoudre une crise qui dissout progressivement tout semblant de société », reste convaincu le chilien.
Dans ce contexte, cela implique, selon Gabriel Valdés, l’établissement d’« un gouvernement de transition qui a une légitimité institutionnelle et populaire qui par la suite peut convoquer des élections et contrôler la violence en Haïti ».
Bien avant Juan Gabriel Valdés, plusieurs congressmen américains dont Georges Meeks et Harkeem Jefferies s'étaient adressés au secrétaire d'État américain Anthony Blinken, pour exiger le remplacement de Jovenel Moïse par un gouvernement de transition. Ce qui n'avait pas plus à l'administration de Jovenel Moïse, qui par le biais de son ambassadeur aux États-unis, Brochitt Edmond, a qualifié les recommandations de ces parlementaires « d'anti démocratiques ».
Par: Juhakenson Blaise
- Log in to post comments


