Les responsables de la Société Stevia Agro-industrieont organisé, vendredi dernier, une visite guidée dans la zone franche agro-industrielle à Savane Diane dans la Commune de Saint-Michel de l’Attalaye. Il s’agissait d’une visite d’information dont l’objectif était de dissiper les malentendus qui entourent ce projet. C’était l’occasion pour les responsables de Stevia S.A de démentir les informations faisant croire que cette zone franche a été octroyée au Group Apaid-Déjoie sur la base d’un accord politique avec le pouvoir en place.
Savane Diane s’étend sur 30 mille hectares de terre et touche 5 communes des départements du Centre, du Nord et de l’Artibonite. Le Projet Agro-Industriel initié dans cet espace très vaste par le groupe Apaid-Déjoie occupe 27.6% de cette superficie, soit 8,300 hectares. Le montant global d’investissement pour cette zone franche est de 250 millions de dollars américains. Il est prévu la création de plus de 20 mille emplois, à en croire l’homme d'affaires Clifford Apaid du Group Apaid-Déjoie.
A date, de nombreux emplois dont 60 permanents ont déjà été créés dans le cadre de ce projet. Des bénéficiaires interrogés par Gazette-Haïti n’ont pas caché leur contentement des bienfaits de cette zone franche. Clifford Apaid précise qu’au moins 8 filières agricoles sont envisagées dans le cadre du projet. Il s’agit du Stevia, l’avocat, la mangue, le Myrtille, le manioc, le haricot, le sorgho et la canne à Sucre. Il sera question de productions à grande échelle axées sur l’exportation et la consommation locale, précise M. Apaid.
Toutefois, les investissements effectués jusqu’ici à Savane Diane par la Société Stevia Agro Industrie S.A. concernent deux filières à savoir l’avocat et le Stevia. Clifford Apaid justifie ce choix par non-seulement la courte période de production du Stevia et le fait que sa vente est déjà garantie. Question, explique-t-il, de justifier l’investissement auprès des créanciers.
De 2018 à date, 8 millions de dollars ont été investis à Savane Diane. Une partie de ce montant a été octroyée en prêt par la Banque Nationale de Crédit, la BNC et le Fonds de Développement Industriel, FDI à un taux de 6% l’an sur dix ans, selon l’ex-ministre de l’agriculture, Fresner Dorcin qui est associé à ce projet. Les deux millions de démarrage ont été investis à titre de fonds propres, précise l’ancien ministre de Michel Martelly, L’Agronome Fresner Dorcin.
Cette visite guidée a été l’occasion pour les initiateurs d’essayer de dissiper les malentendus qui entourent la création de cette zone franche. Ils démentent, par exemple, les rumeurs selon lesquelles le gouvernement aurait décaissé 18 millions de dollars au profit du projet. Fresner Dorcin et Clifford Apaid démentent également l’information faisant croire que la Zone franche agro-industrielle de Savane-Diane dont l’arrêté d’autorisation a été publié le 8 février dernier a été octroyée à la famille Apaid en échange de son soutien au pouvoir en place.
La création de la Zone franche agro-industrielle de Savane-Diane a été vertement critiquée par des opposants au pouvoir en place et des responsables d’organisations de la société civile. Ces derniers dénoncent une initiative de l’Exécutif visant à mettre plusieurs millions de dollars tirés du trésor public à la disposition des Apaid qu’ils considèrent comme étant des alliés de l’équipe au pouvoir, ce au détriment des couches les plus pauvres.
Par Diego O. Charles
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