PubGazetteHaiti202005

Journée mondiale de la liberté de la presse: « Chacun doit renouveler son engagement en faveur du droit à la liberté d’expression », selon la directrice de l’UNESCO Audrey Azoulay

Audrey Azoulay, directrice générale

Le 3 mars 2021 ramène la journée mondiale de la liberté de la presse et la 30ème année de la déclaration de Windhoek sur le développement d’une presse africaine indépendante et pluraliste. L'UNESCO a choisi de commémorer cette journée sur le thème « l’information comme bien public ». Selon la directrice générale Audrey Azoulay, ce thème souligne « la valeur incontestable d’une information vérifiée et fiable. »

« À l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, j’appelle chacun et chacune à renouveler son engagement en faveur du droit fondamental à la liberté d’expression, à défendre les professionnels des médias et à se joindre à nous pour garantir que l’information reste un bien public », lance la directrice en faveur du respect du droit à liberté de la presse.

« Nous devons aujourd'hui faire face à la montée de la désinformation et des discours de haine, au bouleversement des modèles économiques des médias et à la concentration du pouvoir entre les mains d’un petit nombre de sociétés privées », indique Mme Azoulay qui rappelle qu' « avec l'arrivée des médias sociaux l'information a connu des changements considérables depuis 1991 »

Il y a aujourd’hui 30 ans, des journalistes, des rédacteurs en chef et des éditeurs de toute l’Afrique se rassemblaient pour rédiger un appel en faveur de la liberté de la presse : la déclaration de Windhoek qui visait, dit la directrice générale, à faire de la « libre circulation de l’information un bien commun – un objectif toujours d’actualité ». C'est sur cette lancée que L'UNESCO a fait choix de ce thème: « L’information comme bien public », soulignant « la valeur incontestable d’une information vérifiée et fiable et le rôle essentiel des journalistes libres et professionnels, en luttant contre les fausses informations et autres contenus préjudiciables.»

Ce thème concorde, selon Audrey Azoulay, avec les efforts menés par l’UNESCO pour « garantir la bonne santé à long terme d’un journalisme indépendant, pluraliste, ainsi que la sécurité des professionnels des médias", à travers "l'instauration d'une plus grande transparence sur les plates-formes en ligne et doter les citoyens des compétences pour évoluer dans ce nouveau paysage de l’information, en vue d’éviter les tromperies et les manipulations en ligne. »

La covide-19 et les journalistes

La pandémie a mis en évidence la nécessité de disposer d’informations fiables, croit Mme Azoulay qui soutient que « c’est grâce aux journalistes indépendants qui se sont rendus sur le terrain, souvent à leurs risques et périls, en particulier les femmes que nous avons pu mieux comprendre cette crise (sanitaire). »

« Soixante-deux journalistes ont été tués pour leur travail en 2020, et bien d’autres ont perdu la vie à cause de la COVID-19 », rapporte Mme Audrey Azoulay pour qui « la pandémie a également aggravé des problèmes existants, de nombreux médias font désormais face à des pertes financières et les fausses informations et les rumeurs ont fleuri, avec parfois de terribles conséquences. »

Haiti et le journalisme

Du côté d'Haïti, le droit à la liberté d'expression, notamment celui des médias et des journalistes semble être en manque de garantie et de protection, selon plusieurs constats de la structure Reporters Sans Frontières (RSF). Sur le régime en place, plusieurs journalistes ont été tués pour leur travail entre autres : Néhémie Joseph (2019), Rospide Pétion (2019), la disparition du photojournaliste Vladjimir Legagneur (2018). D'autres ont été victimes de coups et blessures de la part des policiers au cours de l'exercice de leur métier.

Dans les deux derniers rapports du classement mondial de la situation des journalistes dans 180 pays présentés par les Reporters Sans Frontières (RSF), Haïti est passé de 60e à 62e place en 2019, et descendu ensuite à la 83e place en 2020. Une perte de 23 places qui traduit la violation des droits de la presse en Haïti. A noter qu’en 2014, Haïti a occupé la 47e place, et les choses vont s'empirer au même moment des mobilisations de 2018 contre Jovenel Moïse, « accusé d’être au cœur stratagème de detournement de fonds » par un rapport de la Cour des compte dans le dossier de la dilapidation du fonds petrocaribe.

« Nous nous employons également à faire en sorte que l’évolution de ce paysage, les réseaux sociaux d'informations, soit prise en compte dans les principes inscrits dans la déclaration de Windhoek, à l’heure où nous célébrons le 30e anniversaire de ce texte fondamental lors de la conférence mondiale sur la liberté de la presse, qui doit se tenir à Windhoek, en Namibie, les 2 et 3 mai », promet la directrice de l’UNESCO dans son message en cette journée mondiale de la liberté de la presse.

 

 

 

 

Par: Juhakenson Blaise

Politique

Culture

Economie

Sport