Plusieurs dizaines d'étudiants de la faculté des sciences humaines (FASCH) ont occupé les rues de la capitale ce mercredi 28 avril pour protester contre l'enlèvement de l'un de leurs camarades, Youry Dérival, kidnappé dans la soirée du 28 avril, à la rue Clermont, Bois-Verna. Dérival est étudiant en psychologie, promotion mai 2016.
L'ensemble de ces étudiants qui réclament la libération de Youry Dérival dénoncent ce qu’ils qualifient de « kidnapping d'État » dans le pays. « Aba kidnapin leta. Libere Dérival prese prese pou nou !», ont-ils scandé.
« Le kidnapping est un moyen mis en place par la bourgeoisie et les hommes politiques pour s'enrichir », a lâché un étudiant en service social à la FASCH. Selon lui, « les pauvres ne sont pas en mesure de faire de kidnapping car ils n'ont pas d'argent pour nourrir les otages ».
De la faculté des sciences humaines à la faculté de droit et des sciences économiques, les étudiants protestataires ne cessent d'accuser le pouvoir d'être responsable du phénomène de kidnapping qui ne cesse de faire des victimes en Haïti.
« Donnez une chance au pays, nous voulons vivre, nous ne décidons pas de quitter le pays! », a lancé dans la petite foule une jeune étudiante au moment d’arriver à la faculté d'ethnologie. D'après elle, « le pays devient invivable pour ses fils et filles. Ils font tout pour nous obliger à laisser le pays », a-t-elle déclaré.
Ce mercredi 28 avril, Port-au-Prince s’est réveillé sur le qui vive. Une situation de tensions a été constatée dans certaines zones de la capitale: A l'Avenue Magny, Carrefour Tifou, des pneus enflammés ont été érigés sur la chaussée. Rue Nord Alexis paralysée suite à l'enlèvement de Gaston Orival, un ancien commissaire de police. A Lalue, Bois-Verna, Poste Marchand, les résidents de ces zones occupent les rues pour protester contre le kidnapping.
Casec, enfants, étudiants, médecins, hommes d’affaires... personne n'est à l'abri d’un enlèvement. Le 11 avril, près d’une dizaine de religieux et leur famille dont deux Français, ont été enlevés par le gang « 400 Mawozo ». Trois d’entre eux ont été libérés et les autres sont toujours entre les mains de leurs ravisseurs qui réclament de fortes sommes d’argent.
L’université Notre Dame d’Haïti vient d’être également victime. Le corps sans vie de Flora Martine Norestant, étudiante en sciences infirmières, portée disparue jeudi dernier a été retrouvé à Tabarre ce lundi 26 avril 2021.
Par: Juhakenson Blaise
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