Lors d’une rencontre avec le département d’État américain mercredi 21 avril 2021, le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) a dressé un tableau sombre de la situation des droits humains en Haïti. Le RNDDH a aussi exprimé ses vives inquiétudes face à des violations systématiques des droits de la personne humaine dans le pays.
Au département d’État américain, la directrice de programme du RNDDH, Rosy Auguste a noté « l’évolution incertaine de la situation générale qui semble échapper totalement aux autorités étatiques ».
Cette situation caractérisée, selon l’organisation de défense des droits humains, par des massacres et attaques armées, récurrents dans les quartiers défavorisés, des kidnappings, des assassinats spectaculaires, des viols, des viols collectifs et des vols.
« si les indicateurs en matière d’Etat de droit sont au rouge, depuis 1986, les défenseurs des droits humains n’ont jamais vécu une telle situation de négation des droits humains dans le pays, après le départ de l’ancien dictateur Jean Claude Duvalier », a écrit le RNDDH dans un rapport publié autour des points qui ont été évoqués lors de la réunion avec le département d’État.
« Les conditions générales de vie de la population sont catastrophiques car les droits économiques et sociaux ainsi que les droits civils et politiques du peuple haïtien sont constamment violés », a dénoncé Rosy Auguste lors de cette réunion avant de préciser que les citoyens sont constamment la cible de bandits armés.
« Au moins 117 personnes ont été assassinées de janvier à mars 2021, parmi elles 20 policiers. Depuis 2018, 11 massacres et attaques armées ont été perpétrés dans les quartiers défavorisés par des gangs armés proches du pouvoir. Et, le bilan de ces événements est très lourd : 356 personnes au moins ont été assassinées. 103 autres sont portées disparues et 32 femmes et filles au moins ont subi des viols collectifs », a relevé la directrice des programme du RNDDH.
Le Réseau National de Défense des Droits Humains a aussi évoqué le dysfonctionnement de l’appareil judicaire du pays lors de cette réunion.
Selon l’organisation, les impacts de ce dysfonctionnement qui existe depuis plusieurs années, sont énormes pour les personnes en détention préventive illégale et arbitraire.
« au 3 mars 2021, plus de 84 % de la population carcérale sont en attente de jugement », a souligné le RNDDH.
En outre, face à ces états de fait, le RNDDH a fait un ensemble de recommandations au département d'État américain.
le RNDDH a recommandé au département d'État américain :
- De mettre fin au support d’un processus électoral vicié à la base qui débouchera à coup sûr sur une crise post-électorale et une grande instabilité politique avec le risque de voir plus de victimes de persécutions politiques augmenter le nombre d’immigrés illégaux dans la région ;
- De supporter au contraire des élections libres, transparentes et inclusives avec un Conseil électoral légitime, issu d’un consensus politique ;
- De se positionner clairement et sans ambiguïté sur l’organisation inconstitutionnelle du référendum planifié par le pouvoir ;
-De poursuivre tous ceux qui, dans ce régime, sont impliqués dans la violation des droits humains, la corruption et le blanchiment des avoirs sur le territoire américain ;
- D’enquêter sur les armes illégales en provenance des Etats-Unis d’Amérique qui entrent facilement en contrebande sur le territoire Haïtien.
Par Kervens Adam PAUL
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