PubGazetteHaiti202005

Des membres de l'opposition réagissent à la démission du premier ministre Joseph Jouthe et ne pensent qu'au départ de Jovenel Moïse

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La démission du Premier ministre Joseph Jouthe ne fait ni chaud ni froid aux acteurs de l'opposition qui attendent encore le départ de Jovenel Moïse du palais national. 


« C'est un fait divers. Ça ne m'étonne pas le départ de M. Jouthe. Je ne sais pas si c'est une démission ou révocation. Depuis qu'il a été en conflit ouvert avec M. Luberice, secrétaire general du Conseil des ministres, puisqu'ils étaient en désaccord, il y a un d'entre eux qui serait remercié. On appelle ça un conflit d'un palais entre deux personnalités au sein du meme gouvernement dont l'un a beaucoup plus d'influence que l'autre », a commenté le professeur Victor Benoît du Rassemblement social-démocrate pour le Progrès d’Haïti. 

Le dirigeant politique ne voit pas comment la démission ou révocation de Jouthe va aider à résoudre la crise car, dit-il, l'homme qui a encore en main toute l'étendue du pouvoir s'appelle Jovenel Moïse, « le président de facto ». « Le départ de M. Jouthe ne pourra pas aider à sortir de la crise. Jovenel Moïse cherche toujours un bouc-émissaire. Il se déresponsabilise et jette tous les maux sur un autre », estime M. Benoît. 

Pour lui, le fait qu'il y a beaucoup de demandeurs de « job », Jovenel Moïse qui appelle à la formation d'un gouvernement inclusif, n'aura pas trop de mal à trouver quelqu'un qui porte le nom de Premier ministre. « Certaines personnes ne souhaitent qu’à être appelées. Cependant, ce sera extrêmement difficile de trouver un homme ou une femme de caractère pour occuper cette fonction », admet l'ancien ministre des Affaires sociales. Lui qui croit que la solution à la crise reside au départ de « Jovenel Moïse qui est le véritable problème parce qu'il ne respecte pas l'article 134-2 de la Constitution. »


De son côté, l'ex sénateur Steeven Iverson Benoît croit que la transition de rupture est inévitable. « C'était un premier ministre de facto, illégal et inconstitutionnel depuis sa nomination vu qu' il n'a jamais bénéficié du vote du parlement. Et après le 7 février, son statut s'est empiré. Joseph Jouthe n'avait ni titre, ni qualité comme son patron Jovenel dont le mandat a officiellement pris fin », a réagi l'ancien sénateur qui estime lui aussi que le changement réel passe par le départ de Jovenel Moïse. « Aucune cohabitation n'est possible avec un usurpateur de titres », a balancé Steeven Iverson Benoît en réponse au gouvernement inclusif évoqué par Jovenel Moïse suite à la démission du Premier ministre Jouthe. « Son mandat a pris fin et il doit partir comme les Sénateurs, députés et maires », a-t-il indiqué, rappelant qu'au sein de l'Entente nationale pour une transition de rupture la proposition de sortie de crise et sa feuille de route sont très claires.

 

Pour l'ancien sénateur Nènèl Cassy, cette démission n'est qu'un fait divers. À l'entendre, le peuple haïtien attend une seule chose: «  le départ de Jovenel Moïse au palais national afin que le pays retrouve la paix et que la sécurité se rétablisse sur le territoire pour attirer l'investissement, organiser les élections. Cela ne peut se faire avec Jovenel Moïse qui garde encore le pouvoir. »

 

 

Par Michel Césaire

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