Plusieurs milliers de protestataires ont foulé le béton encore une fois ce lundi 29 mars 2021 pour dire non au projet de référendum (changement constitutionnel) envisagé par le gouvernement et continuer à réclamer le départ de Jovenel Moïse, qu'ils qualifient de « dictateur. »
Après la grande journée de protestation qui s'est déroulée dans la capitale hier dimanche 28 mars 2021, ce lundi 29 mars, date marquant le 34ème anniversaire de l'adoption de la constitution de 1987 amandée, plusieurs milliers de protestataires sont descendus dans les rues une fois de plus pour exprimer leur attachement à la constitution de 87 et par conséquent s'opposer à son changement par Jovenel Moïse.
Au champ de mars où les protestataires s'étaient donné rendez-vous, seulement quelques centaines de personnes ont débuté la marche, un chiffre relativement bas par rapport à la manifestation du dimanche.
Brandissant des pancartes sur lesquels ils dénoncent « l'ingérence de la communauté internationale et les velléités dictatoriales » de Jovenel Moïse, accompagnés bien-sûr de plusieurs personnalités de la société civile et de la classe politique, telles que Pierre Esperance, Jean Robert Argan, Me. Mario Joseph, l'ancienne ministre Magalie Comeau Dénis, l'ancien sénateur Steeven Benoît, Me. Gedeon Jean, le porte-parole de Fami Lavalas, Jodson Durogène entre autres, les protestataires ont débuté la marche vers midi sur la place de la constitution au Champs-de-Mars.
De la place de la constitution, en suivant le parcours: rue Capois, Lalue, avenue Martin Luther King, le nombre de manifestants continuait d’augmenter pour atteindre plusieurs milliers au Carrefour de l'aéroport où, comme d’habitude, un autre groupe de manifestants les attendaient.
Ayant atteint sa vitesse de croisière au Carrefour de l'aéroport, les protestataires ont suivi l'auto-route de Delmas, Delmas 32, Christ-Roi, Avenue John Brown, Lalue, Avenue Martin Luther King puis Avenue Lamartinière pour se rendre de nouveau sur la place de la constitution au Champ-de-Mars où le message final allait être delivré.
Sur tout le parcours de la marche, les manifestants ont dressé de gigantesques barricades de pneus enflammés. Ils ont obstrué les rues avec tout ce qui se trouve sur leurs routes, ordures, pierres, tréteaux...et ont aussi lancé des pierre sur certaines institutions publiques, comme ....
Comme lors de la journée de mobilisation d'hier, des protestataires ont brandi le drapeau de la Russie en scandant: «A bas les États-Unis, Vive La Russie».
Du côté des personnalités présentes dans la marche, les discours et les revendications n'ont pas changé. Ces leaders estiment inconcevable le projet de référendum constitutionnel décidé par Jovenel Moïse « dont le mandat est arrivé à terme depuis le 7 février 2021 dernier.»
Le dirigeant de Pitit Dessalines Moïse Jean Charles qui a rejoint la marche au niveau de Delmas 32 a suivi le parcours jusqu'à la place de la constitution où il a prononcé son message final.
« Nous sommes dans les rues parce qu'il y a un dictateur au Palais National qui envisage de changer notre constitution au profit du système, au profit de la bourgeoisie et des ambassades des pays impérialistes. Nous n'allons pas baisser les bras, nous allons poursuivre la mobilisation jusqu'au départ de Jovenel Moïse du pouvoir », a déclaré Moïse Jean Charles avant de vider les lieux avec un groupe de ses supporteurs félicitant au passage la population qui, a-t-il indiqué, est déterminé à faire échec aux projets macabres du pouvoir en place.
Après le départ de Moïse Jean Charles, certains militants mécontents, ont critiqué le comportement du leader de Pitit Dessalines accusé d'être un « agent double » voulant à tout prix affaiblir le mouvement de protestation au profit du pouvoir en place. Ils l'ont aussi reproché de tenter de récuperer une marche qu'il n'avait pourtant pas lancée en faisant la déclaration de clôture sur la place de la constitution.
Comme pour la journée de protestation d'hier dimanche, ce lundi la police à fait preuve de professionnalisme. La marche s'est déroulée sans incident majeur. Toutefois la situation allait dégénérer après que les forces de l’ordre sont intervenues pour disperser les habituels militants du champ de Mars qui dressaient des barricades sur la chaussée. Un véritable affrontement s'en est suivi entre les agents du CIMO qui ont aspergé l'aire du Champ de Mars de gaz lacrymogènes et les militants qui ripostaient à coup de pierres et de tessons de bouteille. Plusieurs manifestants son tombés en syncope dans la foulée. La dernière journée de manifestation est prévue pour ce mardi 30 mars.
Signalons que contrairement à la manifestation d'hier, beaucoup moins de gens étaient remarqués sur le parcours ce mardi.
Par Kervens Adam PAUL
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