PubGazetteHaiti202005

«  Bat tenèb » : une façon  de dire non à l’insécurité et au Kidnapping

Route de Delmas, Carrefour de l'aéroport

Comme prévu, des citoyens ont une fois de plus, ce vendredi 5 mars 2021 à midi se sont mis à battre les ténèbres un peu partout  à travers la capitale pour dire non à l’insécurité marquée par des actes de kidnapping dans le pays. Marchands, chauffeurs de Taximoto, des automobilistes, passants, tous ont participé à ces quelques 10 minutes de concert de klaxon. 

Le bruit était impressionnant. Les slogans, « Mare Jovenel, Aba kidnapin, aba insekirite », ont servi de refrain au cours de cette opération. Des casseroles, poteaux, barrières métalliques, klaxon de voitures et de motos  et autres accessoires, les citoyens se sont servis de tout ce qu’ils pouvaient trouver pour faire entendre les sons de leur colère et dire non au kidnapping. 

Au centre FOCAL, une scène du genre a été filmée et mise sur la toile. Le Champs de mars, carrefour Chada, Nazon, Delmas et ses environs se sont tous ligués contre les autorités dans le cadre de ce concert de Klaxon. 

Le spectacle était plus surchauffé sur l’autoroute de Delmas, plus précisément au carrefour logeant la station des minibus entre Delmas 33 et 32. Des marchands, des chauffeurs stationnés devant les locaux de la Télévision Nationale ont participé activement au concert « bat tenèb ». Ils ont critiqué le fait par Jovenel  Moïse de garder le pouvoir au de-là de son mandat. 
Pour Jean, un citoyen qui participait à l’opération, « cet acte est une façon de dire au dictateur Jovenel que nous ne voulons pas de lui » . 

Toutefois, d’autres se sont montrés sceptiques quant à l’efficacité de ce « mouvement » . « Le peuple joue la comédie, ces bruits ne feront pas partir un homme aussi cynique [ Jovenel Moïse  », a lâché laconiquement un chauffeur de taxi-moto.

Parallèlement, d’autres protestataires ont réagi à la décision du gouvernement de contraindre la population à circuler à bord de véhicules non teintés. « Même avec les vitres déteintées, ils vont quand même trouver une façon de nous enlever. Ces sanguinaires sont sans pitié, il faut chasser les forces des ténèbres pour enfin voir la lumière », a lancé Mina, une jeune mère qui vend des sandales sur le trottoir à Delmas 32. 

Cette initiative a été saluée par bon nombre d’étudiants de l’école normale supérieure (ENS ) et de personnalités publiques, dont le journaliste  Robenson Geffrard qui sur son compte Twitter a posté une courte vidéo à midi pile en lançant : « Bat tenèb kont kidnapping lan se kounyea ».

 

 

 

Par Yveson Pascale

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