PubGazetteHaiti202005

L’organisation politique Fanmi Lavalas maintient sa position de « gouvernement de salut public » pour mener la transition de rupture 

Jodson Dirogène, PP Fanmi Lavalas

Invité à réagir sur le comportement du parti politique Fanmi Lavalas qui veut toujours faire cavalier seul quant il s'agit de trouver un consensus pour parler d'une voix commune au sein de l'opposition, le porte-parole du parti Jodson Dirogène, à l'émission de l'invité du jour, ce vendredi 19 février, sur radio Vision 2000, s’oppose à ceux qui, dit-il, défendent l’hégémonie d'une pensée unique dans le pays. Pour le porte-parole, tous les partis politiques ne sont pas dans l'obligation d'avoir toujours une position commune sur tous les sujets.

D'entrée de jeu sur cette réflexion, Jodson Dirogène fait le point pour dire qu' « Aujourd'hui, nous sommes face à des hommes qui veulent réimplanter un système dictatorial dans le pays. Et face à cette situation, nous devons faire attention à ce qu'en dénonçant le retour de la dictature et que ce n'est pas la dictature qu'on veut enseigner sur une autre forme », défend le porte-parole qui ajoute qu'il « faut comprendre que nous sommes dans un pluralisme idéologique. Tout le monde n'est pas obligé de comprendre et de voir la (situation du pays) de la même façon. Il faut, aujourd'hui, enseigner et informer notre société davantage sur la capacité et les façons qu'elle a pour compter sur ce qu'elle croit, et le soutenir ».

Sur cette même lancée, il soutient que Fanmi Lavalas a su toujours tenir sa position vis-à-vis du régime en place contrairement à certains acteurs. « Depuis après le coup d'État électoral, Fanmi Lavalas avait proclamé ne pas reconnaître l'inculpé Jovenel Moïse comme président, et nous avons su garder notre position. il y a d'autres acteurs qui avaient cette position, mais qui ont décidé d'intégrer le gouvernement d’alors, puis ressortir. Mais nous, nous sommes restés cohérents. Et, c'est l'un des éléments qui fait la force de l'organisation politique Fanmi Lavalas. C'est sa cohérence » !

D’autre part, M. Dirogène affirme que « nous somme la seule structure politique qui était restée dans les rues après le coup d'État électoral. Nous félicitons tous les autres partis qui ont compris la nécessité de venir renforcer la position qu'a le parti politique Fanmi Lavalas après ce coup d'état ». D'après la lecture de Jodson Dirogène le parti politique Fanmi Lavalas garde toujours une longueur d'avance sur les autres acteurs politiques. « Nous avons déjà une prévision sur ce qui est en train d'arriver en ce moment dans le pays. C'est pourquoi on avait demandé à ces acteurs de ne pas se laisser (manipuler) par ces minorités criminelles rétrogrades », argue le porte-parole sans citer de noms.

Sur le choix des juges à la cour de cassation, le parti politique Fanmi Lavalas s'était encore mis en retrait. 

Dirogène pense que « si effectivement nous cherchons à porter une solution appropriée (à la crise haïtienne) nous ne pouvons pas nous inscrire dans une perspective de partage de gâteaux. C'est pourquoi, nous au sein de l'organisation politique Fanmi Lavalas, nous avons opté pour un gouvernement de salut public », position sur laquelle Fanmi Lavalas ne bouge pas d'un pouce.

La grande crise que vit le pays actuellement réside, pour Dirogène, dans la dégradation des trois pouvoirs du pays, notamment le pouvoir législatif et le judiciaire.
« Je me rappelle que l'inculpé Jovenel Moïse est arrivé en France, et dit qu’on l’avait forcé à nommer cinquante juges corrompus. Automatiquement, la cour de cassation devait dénoncer cette affaire. (Dire non au président, et le ramène à la raison). C'est comme si vous avez accepté que vous êtes des voleurs, des corrompus, des assassins, des marchands de jugements. Ils n'ont rien fait pour sauver l'image du pouvoir judiciaire », s’indigne Jodson Dirogène.

La justice se montre de plus en plus impuissante et incapable à faire régner la justice sur le territoire, le porte parole du parti de Jean Bertrand Aristide : « Maintenant, parmi l'ensemble des personnes assassinées, et policiers; les massacres perpétrés dans les quartiers populaires, à la saline; les noms des exécuteurs de ces massacres sont connus, cités dans des rapports, la justice n'a rien fait (pour rendre justice aux victimes) ».

Face à cette situation, Jodson Dirogène fait comprendre que pour Fanmi Lavalas il est impossible de fonctionner avec les éléments de ces trois pouvoirs, où le système judiciaire est le premier responsable de la situation chaotique du pays. « Nous au sein de Fanmi Lavalas, nous ne pouvons pas nous appuyer sur (ces hommes et ces femmes) qui sont des éléments du système (inégalitaire) pour laisser orienter la population vers le nouveau système. Nous disons que ce sont des personnes qui sont capables, compétentes, nationalistes, qui ont de la conviction et n'avaient pas participé dans le gaspillage de l'argent de l'État. Ce sont ces gens à qui on devrait donner d’espaces  ».

 

Le 30 Janvier dernier la quasi-totalié des partis de l'opposition ont signé un accord et se sont mis d'accord sur le choix d'un juge à la Cour de Cassation pour diriger la transition. Si Pitit Dessalines qui a signé l'accord conteste le choix de Joseph Mécène Jean Louis comme président de la transition, Fanmi Lavalas de son côté rejette toute idée de se tourner vers l'appareil judiciaire jugé corrompu. 

 

 

Par Blaise Juhakenson 

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