PubGazetteHaiti202005

Haiti/Politique:- Sur France 24, Youri Latortue expose les "dérives dictatoriales de Jovenel Moïse" .

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Lors d'une entrevue accordée à France 24, ce 16 février 2021, l’ancien président du sénat Youri Latortue déclare que le pays a besoin d'une  transition de rupture, dirigée par le président désigné Joseph Mécène Jean-Louis, en vue de continuer « avec le procès Petrocaribe, les procès des crimes de sang perpétrés dans les differents quartiers populaires, la conférence nationale, et la réalisation des élections honnêtes, crédibles et démocratiques. Il faut se mettre debout pour permettre à Haïti de repartir».

L'ex sénateur qui lutte pour chasser Jovenel Moïse à la tête du pays, se dit étonné de voir que l'ambassade américaine continue de prendre position pour le maintien de Jovenel Moïse jusqu'au 7 février 2022, tandis que les  trois plus grandes universités américaines "Harvard, Yale University et New York University" ont pris position et affirment après analyses que le mandat de Jovenel Moïse a pris fin, 7 février 2021, selon la lecture de l'article 134-2 de la constitution haïtienne. Dans le même ordre d'idées, le parlementaire souligne qu'en dehors de la Cour Constitutionnelle inexistante, « le Conseil Supérieur du pouvoir judiciaire, la plus haute instance judiciaire du pays a tranché que le mandat de Jovenel Moïse (est terminé) le 7 février 2021, en vertu de l'article 134-2 de la constitution ».

Et le leader de AAA de rappeler qu'aujourd' hui, le départ de Jovenel Moïse pour respecter la constitution n'est pas seulemenent une affaire de l'opposition. Ce sont, a-t-il dit, tous les secteurs de la vie nationale tels : l'Eglise Catholique, la Fédération Protestante, le Secteur Syndical, les Organisations de droits de l'homme, etc.


Invité à réagir sur le soutien jusque-là indéfectible des USA, l'OEA et de l'ONU à Jovenel Moïse, l'ex élu de l'Artibonite répond ne pas s'étonner car l'attitude de cette communauté internationale a toujours été dictée par l'ancien président Donald Trump, qui selon le sénateur avait conclu un accord avec Jovenel Moïse. Il allait soutenir le pouvoir contre toutes manifestations populaires en Haïti, et en retour ce dernier se devait  d'accorder son vote favorable à l'échelle internationale, à l'administration américaine d'alors. Son vote contre le Venezuela en dépit des rapports d'amitié entre les deux peuples en est la preuve la plus éloquente, a conclu l'homme fort de l'Artibonite.

Avec Joe Biden, l'opposition espère une position contraire. Selon le leader du parti Ayiti an Aksyon (AAA), il y a tout un processus qui se met en place, tenant compte que le président Joe Biden en campagne avait reproché à Donald Trump d'avoir délaissé Haïti, et lui, il allait prendre le cas d'Haïti, il allait regarder Haïti comme un pays qui a besoin d'assistance.

D'un autre côté, questionné sur l'affaire de tentative de coup d'État évoqué par le gouvernement pour justifier l'arrestation d'une vingtaine de personnes dont un juge à la Cour de Cassation, l’ancien allié du PHTK passé dans l’opposition qualifie et assimile cette allégation à une farce. Pour Youri Latortue, ce sont des accusations mensongères, et que le président n'a pas les prérogatives de mettre des juges à la retraite. Selon lui, tout ce que fait le président de Jovenel Moïse visent trois objectifs:

D'abord, « l'ex président veut rester au pouvoir du 7 février 2021 au 7 février 2022. Deuxièmement, il (Moïse) veut changer illégalement la constitution, sans l'avis du peuple, sans les règles à suivre pour se proteger des crimes financiers et des crimes de sang, en esseyant d'avoir une amnistie générale pour lui et son équipe; et aussi réaliser des élections frauduleuses avec un conseil électoral qui est manipulé, afin de se représenter pour se maintenir au pouvoir », croit Youri Latortue.

Pour l’initiateur des rapports sur la dilapidation des fonds pétrocaribe( 4.5 milliards de dollars) « Jovenel Moïse est actuellement un dictateur qui dirige à lui seul le pays en éliminant toutes les institutions démocratiques. Maintenant il n’y a plus de parlement, plus de système judiciaire ». Pour lui (Latortue), « Il n y a que le président qui gouverne avec des décrets sur toutes les questions d'intérêt général du pays ».




Participant au Carnval à Port-de-Paix, le locataire du Palais National Jovenel Moïse a menacé de « taper sur la main d'un leader politique de l'Artibonite » qu'il accuse d'entraver le développement dans la région en utilisant la violence. « M pale avè w m di m ann travay ansanm ou pa tande, si w kontinye map tape w do men w », a déclaré Jovenel Moïse.


Depuis le 7 février dernier, date marquant la fin de mandat de Jovenel Moïse, selon l’opposition, des institutions judiciaires et des secteurs de la société civile, la crise haitienne fait la une des grands journaux mondiaux. Tous les yeux sont désormais rivés sur le pays.




Par Gazette Haïti

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