PubGazetteHaiti202005

14 Février:- Gigantesque manifestation  à Port-au-Prince pour dire non à la dictature/ Un mort et plusieurs blessés 

La foule sur la route de Delmas

Un motard tué puis brûlè vif,  plusieurs personnes blessées par balles en caoutchouc, tel est le bilan de la marche contre la dictature organisée par la société civile et supportée par l'opposition, manifestation qui a drainé plusieurs milliers de personnes dans la capitale le 14 février 2021. 


A l'appel de plusieurs organisations de la société civile, appuyée par l’opposition politique, une gigantesque marche a été organisée le dimanche 14 février 2021 à Port-au-Prince pour dire « non à la dictature » et du même coup, forcer Jovenel Moise à quitter le pouvoir.
14 février 2021, alors qu'à travers le monde on célèbre la Saint-Valentin, fête des amoureux, en Haïti, l'heure n'était pas à la réjouissance: une foule imposante est descendue sur le macadam, face à la volonté du chef de l'État, Jovenel Moïse de rester au Palais national jusqu’au 7 février 2022, date marquant selon lui la fin de son mandat constitutionnel. 

Partie du Champs de Mars, une branche de la manifestation réunissant plusieurs milliers de protestataires a rejoint celle du Carrefour de l'Aéroport avant de longer la route de Delmas. Là, on assiste déjà à une foule compacte et impréssionnante qui ne jure que par le départ du locataire du Palais National qui fort du soutien de l'international déclare qu'il lui reste encore 12 mois à passer au pouvoir.


Le fait de se maintenir au pouvoir au delà du 7 février 2021, l'arrestation de 23 personnes dont un juge de la Cour de cassation accusées de tentative « de coup d'Etat », la mise à la retraite des juges de la cour de cassation, suivie de l'interdiction de départ émise contre le juge Joseph Mécène Jean Louis désigné par l'opposition pour diriger la transition, entre autres, autant d'actions qui, selon l'opposition et une partie de la société civile, justifient des velléités dictatoriales de la part de Jovenel Moïse.


Munie de pancartes et portant  pour la plupart des maillots de couleur blanche sur lesquels on pouvait lire «Non à la dictature, Leve Kanpe, Demokrasi a an danje», la horde de manifestants accompagnée d'un Truck Sound s’est montrée déterminée à pousser le président vers la sortie.

Sur le parcours de la marche, presque tous les leaders de l'opposition, ainsi que des membres de la société étaient remarqués. Citons entre autres, Nenel  Cassy, Youri Latortue, Manés Louis, André Michel,  Acluche Louis Jeune, Steven Benoît, Antonio Cheramy, René Civil, Edgard Leblanc Fils, Jean Charles Moïse , Jean Robert Bossé, Ricard Pierre, Rony Timothée, etc. 

Des stars de la presse haïtienne, telles Lilianne Pierre Paul ( Radio Kiskeya) et Jean Monard Métélus (Caraïbes FM) ont payé de leur présence pour faire échec à  « un retour à la dictature ».

Dans un premier temps, la police a accompagné la marche du Champ-de-Mars jusqu'à Delmas 60 où des agents du CIMO ont érigé un barrage pour empêcher aux manifestants d’atteindre Pétion-Ville en suivant l’auto-route de Delmas, question d'éviter qu'elle soit attaquée par des civils proches du pouvoir qui montent généralement la garde à Delmas 66.

Mécontents de cette décision, des militants ont lancé des pierres en direction  des policiers. Bilan, un agent du CIMO a été gravement blessé et la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour reprendre le contrôle de la situation.

Finalement, les protestataires ont décidé d’emprunter la route de Delmas 60, en passant par Musseau puis Bourdon pour se rendre devant les locaux de  l'Organisation des États Américains (OEA) en Haïti à Petion-Ville. 

Entre-temps, entre Delmas 95 et 66, on annonce qu'un motard  à été tué par balle. Son cadavre, ainsi que la motocyclette ont été brûlés sur la chaussée. Selon des témoins, le jeune homme aurait été tué par « des hommes armés, membres du G9, opérant à Delmas 66 ».

Devant le bureau de l'OEA à Pétion-Ville 

Comme prévu, la foule immense est arrivée devant la représentation de  l'OEA en Haïti   située à l'angle des Rues Clerveaux et Darguin. Ici, Me. Calèbe Jean-Baptiste a demandé à l'organisation de mettre fin à son support à Jovenel Moïse  alors que ce dernier est selon lui, illégitime et conduit le pays sur la voie d’un régime dictatorial.


Quelques minutes plus tard, à la Rue Rebecca des agents de la PNH ont dispersé  brutalement la marche à coup de gaz lacrymogène, provoquant une grosse panique où les manifestants couraient dans toutes les directions.


Enfin, quelques dizaines de manifestants ont poursuivi  la route pour se rendre à Canapé-Vert en passant par Juvenat. La police une fois encore a fait usage de gaz lacrymogènes  et de balles en caoutchouc. 
Un journaliste de radio Capitale FM et  plusieurs dizaine de militants en sont sortis blessés.


Ce dimanche 14 février 2021, des manifestations ont également eu lieu, au Cap Haïtien, aux Cayes et à Mirebalais contre le pouvoir en place. 
Loin des turbulences, Jovenel Moïse, accompagné de la première dame Martine Moïse et des membres du gouvernement, a lancé le carnaval national à Port-de-Paix. Les festivités prendront fin le 16 février 2021.

 

 

Par Kervens Adam PAUL

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