24 heures après les attaques ciblées des agents de l'ordre sur des journalistes couvrant une manifestation contre la dictature, la Fédération internationale des journalistes (FIJ), l’Association des journalistes haïtiens (AJH) et le président de l'Association nationale des Médias haïtiens (ANMH) ont tour à tour condamné les brutalités policières à l'encontre des journalistes.
"C'est inaccepable pour le commun des mortels, pour ceux qui défendent les droits de l'homme. Nous condamnons vigoureusement l'intervention policière et les dérives de nos dirigeants qui, pratiquement, n'ont pas de limites car ils attaquent même la Cour de Cassation", c'est avec ces propos que le président de l'ANMH ont dénoncé la menace qui plane sur la liberté de la presse.
Le journaliste sénior, Jacques Sampeur estime que c'est intolerable, impensable que la presse ait pris pour cible de façon "audacieuse, arrogante" sous les caméras de journalistes.
"La presse est avangardiste. Tout ceux qui sont au pouvoir aujourd'hui, quelque soit leur position, doivent leur position à la presse", fait remarquer le patron de l'ANMH, joint au téléphone ce jeudi.
"Cette presse avant 1986 a bravé les dangers. C'était pas sans douleur, que la presse a pu combattre la dictature", Il évoque l'histoire de la Radio Haïti qui a commencé avec les Liliane et Anthony Pascal, Marvel Dandin et Sony etc ...
Questionné sur l’attitude passive des citoyens, M. Jacques Sampeur dit ne voir pas de l'indifference dans la société haïtienne face aux mauvais comportements des policiers mais de préfenrence questionne sur la peur qui a franchi un certain pallier.
"Que vous ayez la peur dans les triples ou pas, le mal arrivera si vous ne réagissez pas. Nous pensons à un déclic qui va arriver bientôt", interpelle le président de l'ANMH, signalant que la copération est prête à porter le dossier par devant la justice, « même si, annalyse-t-il, on ne peut parler de l'état de droit aujourd'hui quand la justice est décapitée ».
De son côté, la Fédération Internationale des Journalistes a alerté contre la brutalité policière à l’encontre des journalistes lors des manifestations de l’opposition dans un tweet. La Fédération Internationale des Journaliste ne cache pas ses inquiétudes face à « la situation de brutalité policière en Haïti qui continue de s'aggraver, alors que de nombreux journalistes en ont déjà été victimes alors qu'ils couvraient les marches de l'opposition à Jovenel Moïse ».
L’Association des journalistes haïtiens (AJH) y va dans le même sens. Dans une note de protestation pour « dénoncer des attaques contre la liberté de la presse au moment où les autorités réagissent contre des activités revendicatives contre le pouvoir en place ».
L’AJH a avancé plusieurs faits succésifs liés à la brutalité policière contre les journalistes ces derniers temps. « Le jeudi 28 janvier 2021, plusieurs dizaines de journalistes ont marché à Port-au-Prince contre les brutalités policières dont ils sont l’objet lors des manifestations de rue».
Le lundi 8 février 2021, deux journalistes de médias en ligne ont été blessés par balle au Champ de Mars à Port-au-Prince.
En effet, l'AJH appelle les autorités de la PNH à diligenter une enquête pour identifier les auteurs de ces exactions afin qu’ils répondent de leurs actes par-devant la justice. L'AJH en profite par ailleurs pour exhorter les journalistes à la prudence et à la vigilance en cette période de troubles et de confusion. Elle leur rappelle « l’obligation de rechercher, de traiter et de rapporter les faits avec professionnalisme et responsabilité ».
Il faut souligner qu'en moins de trois jours, plusieurs journalistes ont été victimes au moment d'assurer la couverture des mobilisations contre le pouvoir. Deux d'entre eux ont été touchés par balle au Champ de Mars lundi 8 février, et deux autres sont blessés mercredi 10 janvier dont l'un avec des bonbornes de gaz lacrymogène lancées par des agent de l'ordre.
Par Michel Césaire
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