Invité à l'émission « invité du jour » sur radio vison 2000, Me. Samuel Madistin est intervenu sur plusieurs sujets marquant l’actualité, notamment le statut actuel de Jovenel Moïse, les raisons qui empêchent aux mouvements de protestations de l'opposition d’obtenir le départ du chef de l'État.
Le responsable de la Fondation Je Klere, Me. Samuel Madistin explique que le statut juridique de « tyran » de Jovenel Moïse reste inchangé jusqu'à ce présent moment.
En intégrant le processus de rupture de l'ordre institutionnel, Madistin indique que « le président Jovenel Moïse fonctionne hors des prescrits de la constitution. À ce moment, il n'a aucun respect pour les normes démocratiques. Juridiquement, on est en face d’un tyran qui exerce son pouvoir sans bornes », tranche l'avocat.
Parallèlement, l’ancien candidat à la présidence croit que « cette position tyrannique de Jovenel Moïse est motivée par une préoccupation personnelle ». Pour Me. Samuel Madistin, « le président sait que s’il quitte le pouvoir, il risque d'aller au pénitencier national. Par conséquent, il ferait tout ce qui est en sa capacité pour garder le pouvoir. Son entêtement à rester au pouvoir n'a rien à voir avec les intérêts du peuple, a déclaré Madistin ».
« Jovenel Moïse sait pertinemment qu’il devra répondre de ses actes », a dit l’ancien sénateur de la république, en référence au procès Petrocaribe, affaire dans laquelle est cité le nom du président, selon les rapports de la cour des comptes.
Raisons de l’échec de l’opposition à faire tomber Jovenel Moïse, selon l’ancien dirigeant du MOPOD
Comme premier élément, Me. Madistin parle « d'outillage intellectuel extrêmement médiocre », en se référant à l'écrivain haïtien Jean Prince Mars. D'après lui, ce sont « les populistes qui ont la voie au chapitre. L'opposition n'a pas un discours construit », critique-t-il en ajoutant que « c'est aussi le même constat chez les hommes du pouvoir en place ».
Très sévère envers l'opposition, Me. Madistin évoque le concept "d'idiot utile" de Lénine. Il soutient que les actions entreprises par l'opposition sont strictement en faveur du pouvoir en place. Il reprend en ce sens les propos « d'aller vider de l'huile sur les routes. »
Aussi parle-t-il d'un manque d'encrage idéologique. Ce dernier dit déceler au niveau de l'opposition un « fondamentalisme politique ». Autrement dit, pour Me Madistin l’opposition ne prend pas en compte l'intérêt des autres acteurs du pays. Pour eux, ils sont, dit-il, les seuls à avoir la capacité de penser la politique du pays.
Face à ce constat, le responsable de la Fondation Je Klere conclut que l'opposition ne pose que des actions visant à garder Jovenel Moïse à la tête du pays. Ce qui, selon lui, donne sans doute champ libre au chef de l'exécutif « de commettre toutes ces exactions ».
Par Gazette Haïti
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