Au beau milieu de la crise politique sans précédent dans laquelle se trouve le pays, le Groupe de Réflexion et d'Action pour la Démocratie et le Développement (GRADD) a pris position. L’organisation invite Jovenel Moïse « à se rendre compte que son mandat a pris fin en date du 7 février 2021 ».
C’est dans un document titré « Note de conjoncture », publié ce lundi 8 février 2021, que le GRADD, cette organisation coordonnée par le Journaliste senior et ex directeur du Journal Le Matin, Daly Valet, a pris position.
Cette organisation de la société civile, qui fait de « la militance pour l’avènement effectif de l’État de droit en Haïti, la consolidation de la démocratie et le développement durable et intégral » son cheval de batail, dit avoir pris acte des résolutions adoptées par la Fédération des Barreaux d’Haïti (FBH) et le Conseil Supérieur du Pouvoir Judicaire (CSPJ), par lesquelles ces deux entités disent constater la fin du mandat constitutionnel du président Jovenel Moise, le dimanche 7 février 2021 conformément à l’article 134-2 de la constitution de 1987 amendée, également en conformité avec l’article 239 du décret électoral de 2015.
Dans la note, l’organisation a mentionné qu’elle « s’est alarmée de l’option abusive, dangereuse et rétrograde privilégiée par M. Moïse dans son interprétation de la Constitution haïtienne et des lois en vigueur ».
« L’occupant du Palais national choisit d’engager la République sur la voie périlleuse du règne autoritaire d’un seul homme et de compromettre, ainsi, les avancées du peuple haïtien dans son combat pluriséculaire pour la démocratie et la réalisation de ses droits civils, politiques, sociaux et économiques », a dénoncé le GRADD dans sa note.
Par ailleurs, le GRADD a dénoncé l’arrestation « éhontée et scandaleuse » du juge Ivikel Dabrézil, alors que celui-ci est en fonction et celle de Marie Louise Gauthier, inspectrice générale de la Police Nationale d’Haïti (PNH). Pour l’organisation ce recours « aux pratiques surannées et anachroniques de confiscation du pouvoir, d’instrumentalisation de la violence criminelle aux fins d’intimidation politique », constitue à la fois un recul et un frein à ce long et laborieux processus d’institutionnalisation démocratique en Haïti.
Plus loin, « l’organisation invite la nation tout entière à prendre note de ces actions et agir collectivement pour opérer les corrections appropriées en vue de rétablir dans les meilleurs délais l’ordre constitutionnel et républicain ».
« Le GRADD invite d’une part, le président de fait Jovenel Moïse à la raison, à écouter les avis techniques, judicieux et non-partisans émanant des secteurs universitaires, judicaires et religieux du pays, et, de l’autre, à se conformer, en bon citoyen et homme d’État, aux prescrits de l’article 134-2 de la Constitution de 1987 amendée et à ceux de l’article 239 du décret électoral de 2015. D’autre part, l’organisation exige la fin des persécutions politiques et la libération inconditionnelle et immédiate de tous ceux et de toutes celles victimes d’arrestations illégales », lit-on dans ce document.
Le Groupe de réflexion et d’action pour la démocratie et le développement (GRADD) se porte solidaire de toutes les formes pacifiques de mobilisation et d’expression du mécontentement populaire.
Par Kervens Adam PAUL
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