De plus en plus de voix continuent de s’élever pour exiger au président de la République de quitter le pouvoir le 7 février prochain. Le pasteur Jean Fils-Aimé, docteur en théologie, demande, lui aussi, au chef de l’Etat de remettre les clefs du palais national à partir de dimanche prochain qui, selon lui, marquera la fin du mandat présidentiel constitutionnel justifiant sa position par les prescrits de l’article 134-2 de la Constitution.
« Il ne devrait pas y avoir de débat sur la fin du mandat du président Jovenel Moise, car l’article 134-2 de la Constitution est claire là-dessus. M. Moise doit quitter le pouvoir le 7 février prochain ». C’est en tout cas la position du pasteur Jean Fils-Aimé qui, comme d’autres acteurs et secteurs de la vie nationale, s’oppose à la volonté de Jovenel Moise de rester au pouvoir après le 7 février prochain. L’homme d’église juge anormale cette attitude du chef de l’Exécutif qui, pense-t-il, est atteint du syndrome d’hubris, communément appelé « la maladie du Pouvoir ». « Une maladie qui se caractérise, entre autres, par la perte du sens des réalités, une intolérance à la contradiction, des actions à l’emporte-pièce, une obsession de sa propre image et abus de pouvoir... »
En dépit de cela, Jean Fils-Aimé reste convaincu que le président Jovenel Moise, même s’il ne remet pas le pouvoir dimanche prochain, ne pourra pas rester au Palais national jusqu’en 2022. A partir de là, plusieurs options seront à envisager pour éviter le chaos. Il s’agit, entre autres, de la sortie institutionnelle de la crise à travers les pouvoirs constitués de l’Etat, la voie de remplacement politicienne à travers les acteurs politiques et celle éventuellement de la communauté internationale, reconnait le pasteur Fils-Aimé. Toutefois, aucune de ces alternatives ne sont viables, estime le docteur en théologie. Selon lui, les institutions du pays font partie de la crise. Les acteurs politiques n’inspirent pas confiance. Et, poursuit-il, aucune éventuelle solution imposée par l’international ne sera dans l’intérêt du pays.
C’est pourquoi M. Fils-Aimé propose ce qu’il appelle « une voie de sortie technocratique de la crise ». Une hypothèse qui préconise « la refondation de l’Etat à travers la mise en place d’un conseil de gouvernement constitué de 13 personnalités compétentes jouissant d’une réputation impeccable avec un agenda clairement défini. Il recommande également la mise en place d’une commission de contrôle des actions du gouvernement, constituée, elle aussi, de 13 membres, en guise de contre-pouvoir.
Par Diego O. Charles
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