PubGazetteHaiti202005

Fin du mandat présidentiel: l’Eglise catholique rappelle à Jovenel Moïse que « la loi est une pour tous »

Le Cardinal Chibly Langrois

L'Église Catholique emboîte le pas à la Fédération des Barreaux d’Haïti, en demandant au président Jovenel Moise de quitter le pouvoir le 7 février 2021. Dans un message publié, ce mardi, la Conférence Épiscopale d’Haïti fait également un appel au dialogue en vue de trouver un consensus sur la crise politique actuelle.
 
De plus en plus de voix continuent de s’élever pour exiger au président de la République de rendre son tablier. Trois jours après la Résolution 2021-01 de la Fédération des Barreaux d’Haïti, la Conférence Épiscopale d’Haïti brise le silence en conseillant au président Jovenel Moïse de quitter le pouvoir le 7 février prochain. La CEH fait remarquer au chef de l’Etat que « la loi est une pour tous », faisant référence à la décision de Jovenel Moise de constater la caducité du parlement au deuxième lundi de janvier 2020 mettant fin ainsi aux mandats des Sénateurs et Députés.

« Le Président de la République a appliqué la loi électorale et la constitution pour les députés, les sénateurs et les maires au cours des années précédentes. Il a ainsi affirmé l’unité de la loi pour tous les élus, y compris pour lui-même, proclamant ainsi que la loi est une pour tous. Il nous semble que tout le monde soit d’accord sur le principe que personne n’est au-dessus de la loi et de la constitution dans le pays. Ce premier constat fait, aucune littérature et aucun justificatif juridique ne sont nécessaires », écrit la CEH.

La CEH déplore le fait que le pays, totalement invivable, soit au bord de l’explosion. En effet, l’église catholique dit constater que « le quotidien du peuple haïtien se résume à la mort, les assassinats, l’impunité et l’insécurité. Le mécontentement est partout, dans presque tous les domaines. Beaucoup de sujets fâchent, comme : la manière d’établir un Conseil Électoral Provisoire, la manière de rédiger une autre constitution ». Donc ce ne sont pas uniquement les ravages du kidnapping qui rendent le pays totalement invivable, déplorent les Evêques qui jugent cette situation inacceptable.

Face à ce constat, l’Eglise Catholique lance un appel au dialogue en vue de trouver un consensus sur la crise politique actuelle. « Au cœur de cette crise récurrente socio-politique et économique, alimentée par le venin de la haine et de la méfiance, il faut de préférence chercher et trouver le consensus sur toute matière épineuse ; il faut le construire par le dialogue social et institutionnel pour éviter la catastrophe », recommande la CEH qui estime que le dialogue est l’unique voie à suivre pour éviter que le pays Haïti aille se jeter encore plus au fond dans l’abîme.

 

 

 

Par Diego O. Charles

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