PubGazetteHaiti202005

Fin de mandat de Jovenel Moïse: La transition de rupture, avec sa feuille de route et des balises, présentée à la nation

Photo archivess

Au total 37 points ont été définis pour la gouvernance de la transition de rupture. Une Commission Nationale pour la mise en place de la Transition (CNT) de 15 membres sera constituée afin de choisir le successeur de Jovenel Moïse au Palais national et des membres du gouvernement de rupture. À l'instar de ladite commission, les protagonistes se sont convenus pour créer un organe de contrôle de la Transition (OCT). La transition aura un mandat de deux ans, et ce sera « un juge de la Cour de cassation, regulièrement nommé », que des leaders de l'opposition et de la société civile ont choisi pour redresser la barque du pays, selon l'accord présenté ce dimanche 31 janvier à Delmas 75. 

 

L'opposition politique et d'autres secteurs de la société civile foncent tout droit vers la mise en place de la transition. Les contenus de l'accord dénommé « Accord politique de l'opposition sur la gouvernance de la Transition de rupture », ont été présentés ce dimanche 31 janvier à 6 jours et quelques heures du 7 février. La lecture dudit accord a été faite par l'écrivain Lionel Trouillot, l'ancien député Hugues Célestin et le porte-parole de l'OPL, Dario Syriack. 


En l'absence des principaux leaders de l'opposition. D'autres personnalités ont pris place sur la table dont les ex-députés Serge Jean-Louis, Abel Descollines, Prinptemps Bélizaire, l'ancien sénateur Ricard Pierre, Marjorie Michel et le professeur Josué Mérilien. 

L'écrivain Lionel Trouillot n'a pas pris de temps pour préciser que cet accord englobe la vision commune de plusieurs secteurs. « Le processus a été long pour unifier les propositions. Accoucher un accord est toujours difficile même dans les autres pays. L'unanimité encore plus », a lâché le romancier engagé dans un combat politique depuis quelques temps. 

« La CNT sera formée de sept membres de la société civile dont un membre du Comité de suivi de la déclaration du 21 août 2020, et huit membres des partis, groupements et regroupements politiques de l'opposition. Ces secteurs sont appelés à désigner les membres de ladite commission le plus vite possible », a indiqué M. Trouillot, avant de préciser la mission de la CNT qui consiste, dit-il, à choisir une présidente ou un président de Transition, un Premier ministre et les membres du gouvernement, et les membres de l'organe de suivi et de contrôle de l'action gouvernmentale. 


Le romancier se veut rassurant. « Beaucoup de précautions ont été prises pour éviter que les personnalités choisies viennent défendre leur interêt mesquin ou celui d'un groupe ».


Le romancier a tenu à informer qu'avant le 7 février, la CNT aura à étudier, analyser les dossiers et choisir « un juge de la Cour de cassation regulièrement nommé, reputé, honnête, jugé apte à respecter la feuille de route et contre lequel, aucune accusation, d'actes contraires à l'État de droit n'a été porté ».

« Si les membres de la CNT ne parviennent pas à désigner la présidente ou le président selon la procédure fixée, elle choisira au sein de l'un des pouvoirs que la CNT aura jugé établi ou toute autre solution institutionnelle concertée », a indiqué Lionel Trouillot qui faisait la lecture du document. 

L'ossature du gouvernement sera formée ainsi. Pour le poste de Premier ministre, le secteur politique présentera une liste de 4 candidats et la société civile une liste de trois candidats. La CNT choisira par vote le chef du gouvernement. Ce dernier en accord avec le président de la transition et les membres de la CNT, formera le gouvernement. 


Le porte-parole de l'OPL qui prend le relai confirme que les membres de la Commission nationale de Transition ne peuvent pas faire partie du gouvernement de transition de rupture. Dario Syriack qui présente également la lecture de l'accord, précise que les membres de la CNT ont aussi pour mission de choisir les membres de l'Organe de contrôle de la Transition (OCT). Ledit organe aura pour mission de veiller au respect des lois et de l'éthique dans la gestion de la chose publique. Il devra assurer la prise en compte des revendications populaires par le pouvoir politique, a avancé M. Syriack.  


Suivant le document, l'OCT ne s'agit pas d'un organe jouissant des privilèges mais une instance de consultation et de surveillance dont les membres auront droit à des frais leur permettant de d'assurer les déplacements. Ces derniers ne pourront pas participer aux prochaines joutes électorales comme candidats. Les 23 membres seront choisis dans les dix départements en raison de deux par département et 3 représentants de la diaspora », peut-on lire dans le document

Feuille de route de 37 obligations


Une lourde feuille de route attend les représentants de la Transition de rupture dont: la restauration de l'autorité de l'État, la création d'un climat sécuritaire en vue de ramener la paix, la convocation d'une conférence nationale souveraine pour l'organisation du dialogue national, la création des conditions favorables pour la tenue d'élections libres, honnêtes et démocratiques dans un délai raisonnable, la réalisation des procès équitables des fonds PetroCaribe et des massacres, initiation d'une véritable réforme de la justice, le respect des revendications populaires, l'accesibilité des soins de santé, initiation d'un système de sécurité sociale. 


Les autres points de la feuille de route concernent l'éducation, l'environnement, la décentralisation, l'augmentation et le maintien du pouvoir d'achat des travailleurs, les réformes structurelles pour attirer les investissements massifs, l'assainissement des finances publiques pour freiner le gaspillage des derniers publics et préserver la valeur et la stabilité de la monnaie nationale. 

 

 

 

Par Michel Césaire

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