Les associations de juges, ANAMAH et APM, dressent un bilan catastrophique de l'année 2020 pour le système judiciaire haïtien. Les responsables de l’Association Nationale des Magistrats Haitiens et l’Association Professionnelle des Magistrats en imputent la responsabilité au Pouvoir Exécutif.
Le président de l’association professionnelle des magistrats, Marthel Jean Claude qualifie de « désastreuse » l’année 2020 sur le plan judiciaire. Le patron de l’APM évoque notamment le faible bilan de l’appareil judiciaire très affecté, fait-il remarquer, par la crise politique, l’insécurité généralisée qui a emporté plusieurs membres de la basoche, la crise sanitaire liée au coronavirus et les mouvements de grève à répétition, ainsi que l’aggravation de la situation de détention préventive prolongée dans le pays.
M. Jean Claude impute ce bilan catastrophique notamment à l’Exécutif qui, dit-il, n’a pris aucune disposition pour faciliter le bon fonctionnement de l’appareil judiciaire tout en dénonçant l'interférence des pouvoirs politiques dans l'appareil judiciaire. Pour l’année qui s’en vient, le numéro 1 de l’APM dit espérer que le pouvoir judiciaire bénéficiera d’une meilleure allocation dans le budget national et qu’il pourra jouir pleinement de son indépendance.
Le président de l'association nationale des magistrats haïtiens, Jean Wilner Morin, a aussi mis l’accent sur l’aggravation du problème de la détention préventive prolongée en raison des nombreuses crises qu’a connues le système judiciaire. Il s’agit donc d’une violation des droits humains au regard des différents instruments juridiques internationaux dans ce domaine ratifiés par Haïti, souligne le magistrat. Le responsable de l’ANAMAH dont le mandat de juge d’instruction ayant pris fin en décembre 2018 n’est toujours pas renouvelé par l’Exécutif parle même d’une année perdue. L’homme de loi dit espérer un meilleur fonctionnement de l’appareil judiciaire en 2021.
Par Diego O. Charles
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