Le Ministre haïtien des affaires étrangères dénonce le fait que « nos compatriotes évoluant en terre étrangère ont toujours été exclus de la vie politique du pays ». En effet, ces derniers n’ont jusqu’ici pas le droit de voter ou d’être candidats. Claude Joseph leur demande en ce sens de s’approprier du projet d’une nouvelle constitution entrepris par le gouvernement, leur faisant remarquer que ce probleme pourrait être résolu.
En tournée officielle en République dominicaine du 29 Novembre au 6 Decembre, le Ministre des Affaires Etrangères, Claude Joseph a appelé la diaspora haïtienne particulièrement les compatriotes évoluant de l’autre côté de la frontière à s’approprier du projet du gouvernement en place visant à doter le pays d’une nouvelle constitution par voie référendaire. Le chancelier explique que cette derniere considérée comme l’un des projets phares du president Jovenel Moïse pourrait prendre en compte les droits politiques de la diaspora principalement le droit de vote.
« Trop longtemps, nos compatriotes évoluant en terre étrangère ont été exclus de la vie politique en Haïti. Grace à la nouvelle constitution que l’administration en place entend doter le pays cela pourrait changer la donne », a déclaré le titulaire du MAEC aux haïtiens evoluant en République dominicaine lors des rencontres organisées les 2 et 3 décembre respectivement à Barahona et à Higuey. Il invite ces compatriotes à accompagner le gouvernement dans ce projet. La question de la double nationalité et le droit des membres de la dispora d’être candidats ont egalement été évoqués par le chancelier lors de ces deux rassemblements.
Il faut dire que plusieurs participants ont très bien accueilli l’idee que ces questions soient prises en compte dans le cadre de la reforme constitutionnelle.
Claude Joseph en a, une nouvelle fois, profité pour critiquer durement la constitution de 1987 en vigueur qui, selon lui, est désuète. Le diplomate haïtien n’a pas hésité pas à comparer le président Jovenel Moïse à l’ex-président français, le général Charles de Gaulle, qui avait doté la France d’une nouvelle constitution sous la 5ème République.
Le ministre des haïtiens vivants à l’étranger, Gonzague Edner Day qui accompagne son collègue Claude Joseph à la délégation a, pour sa part, annoncé la tenue en janvier prochain d’un forum de la diaspora à Port-au-Prince. Au cours de ces assises les haïtiens de l’étranger pourront formuler leurs propositions au sujet du changement de constitution. Lesquelles propositions seront acheminées au comité consultatif indépendant pour l’elaboration du projet de la nouvelle Constitution.
Le projet d’une nouvelle constitution, cher à l'équipe au pouvoir, évoquée par Claude Joseph est contesté par la plupart des secteurs de la vie nationale. Ils critiquent notamment le fait par le gouvernement de créer un comité sans aucune consultation. Selon l'Eglise Catholique, « une telle initiative ne peut pas être l'oeuvre d'une personne ou d'un groupe quelconque mais plutôt le résultat d'un large consensus ».
Aussi faut-il faire remarquer que le racisme, la violation systématique des droits des migrants haïtiens, le probleme de documents d’identité sont, entre autres, éléments qui ont constitué le principal refrain lors de ces rencontres. Les participants à ces rencontres exigent que l’Etat haïtien assume ses responsabilités envers nos compatriotes évoluant en territoire voisin. L’ambassadeur d’Haïti à Santo en République dominicaine, Smith Augustin, qui a pris part aux différentes rencontres a fait savoir que « les haïtiens victimes peuvent contacter le consulat le plus proche car toutes les juridictions consulaires disposent d’un bureau d’assistance légale ».
Par Diego O. Charles
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