Médecins, infirmières, étudiants en médecine, personnel de santé accompagnés de plusieurs couches de la société civile ce lundi 30 novembre 2020 ont entamé leur troisième journée de mobilisation pour une fois de plus dénoncer le kidnapping et dire non à l'insécurité qui endeuille les familles.
Partis de la Faculté de Médecine, les protestataires sont passés par le Champs de Mars, Bois-Verna et redescendus au champs de Mars en passant par Lalue. Portant leur blouse et pancartes en main, le corps médical appelle à la libération des autres otages.
Ils étaient plusieurs centaines à manifester contre la montée du kidnapping dans le pays. Ils ont au passage lancé des propos hostiles à l'endroit de plusieurs institutions publiques et privées ayant refusé de rejoindre la manifestation sur son parcours tandis que les kidnappeurs, disent-ils, gagnent du terrain.
En effet, des manifestants ont tenté en vain de forcer quelques institutions scolaires dont le lycée Fritz Pierre Louis à les rejoindre sur le béton. Les écoliers ont refusé arguant que même à l’hôpital général les médecins n’ont pas senti la nécessité de manifester contre l’enlèvement de leur collègue, Dr.Hans David Télémaque.
Face à un mouvement pacifique, les médecins protestataires ont dénoncé l'attitude des policiers qui ont brutalement fait usage du gaz lacrymogène pour mater leur mouvement de mobilisation.
Durant la manifestation, ces médecins protestataires ont affirmé que s’il est vrai que le Dr Télémaque est désormais libre de ses mouvements mais le pays en soi est pris en otage, d’où leur cri pour une révolte générale.
Selon Jacques Falonne, étudiante en 3eme année de la Faculté de Médecine, Haïti est désormais un pays de « sauve qui peut ». Elle martèle que désormais le temps est venu pour mettre fin au règne du « Chacun pour soi ». Elle invite à une prise de conscience de toutes les catégories sociales dont la jeunesse estudiantine.
Pour mettre fin à cette troisième journée de mobilisation devant l'hôpital génèral là où le Dr Télémaque a été enlevé, le Docteur Charlot Jean Charles affirme que de nouveaux mots d'ordre vont être lancés après consultation de l'assemblée générale des médecins, de concert avec d'autres entités concernées par cette situation.
Alors que les médecins marchaient dans les rues de Port-au-Prince contre le kidnapping, à Pétion-Ville et à Bourdon la situation restait tendue après l’enlèvement ce matin d’un chauffeur de Tap-Tap et de deux jeunes écoliers. Barricades de pneus enflammés, jets de pierre et de tessons de bouteille, tel a été le décor depuis tôt ce matin au centre de Pétion-Ville. La mairie aidée de la police aurait procédé à l’interpellation de plusieurs des protestataires.
Plusieurs autres cas de kidnapping sont signalés dans la zone métropolotaine. Les plus connus sont ceux de l'épouse de Dimitri Hérard, chef de l'Unité de la Sécurité du Palais National (USGPN) Maritza Beaubrun Hérard et d'une écolière dont la vidéo circule en boucle sur les réseaux sociaux.
Par Gazette Haïti
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