PubGazetteHaiti202005

Avis de recherche de la DCPJ : le RNDDH dénonce des mesures « illégales et arbitraires »

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Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) critique vertement les avis de recherche émis par la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) contre quatre personnalités. L’organisation de défense des droits humains y voit des décisions contraires à la loi et aux garanties judiciaires, et appelle au respect strict des procédures.


Dans un communiqué publié le 7 février 2026, le RNDDH dit avoir pris acte de la diffusion sur les réseaux sociaux de quatre avis de recherche émis par la DCPJ visant Arnel Bélizaire, Ralph Youri Chevry, Smith Joseph et Édouard Julcène. Ces derniers sont accusés de faits graves, allant du financement du terrorisme au blanchiment des avoirs, en passant par le trafic illégal d’armes et l’association de malfaiteurs.


Selon la DCPJ, les personnes visées seraient armées et dangereuses, à l’exception de Smith Joseph. Mais pour le RNDDH, la procédure soulève de sérieuses inquiétudes.

L’organisation estime notamment que l’avis de recherche contre Arnel Bélizaire « relève de la farce », évoquant sa proximité avec l’actuel directeur de la DCPJ, le commissaire divisionnaire Justin Marc, et rappelant qu’il fréquente l’institution depuis septembre 2025.

Le RNDDH considère également que les avis émis contre Ralph Youri Chevry, actuel président du Conseil municipal de Port-au-Prince, Édouard Julcène, ancien directeur de l’Administration générale des douanes de Port-au-Prince, et Smith Joseph, membre de cabinet du conseiller président Fritz Alphonse Jean, sont « illégaux et arbitraires ».

L’organisation souligne que ces personnes n’ont jamais été convoquées par la DCPJ, qu’aucun mandat de comparution, d’amener ou d’arrêt n’a été délivré contre elles, et que leurs noms ne figurent dans aucun rapport de l’UCREF ou de l’ULCC pour les faits de financement du terrorisme ou de blanchiment d’avoirs qui leur sont reprochés.

Le RNDDH rappelle par ailleurs que la résidence de Ralph Youri Chevry a déjà fait l’objet de perquisitions en décembre 2025 et en janvier 2026, sans que l’intéressé n’ait été formellement informé des accusations portées contre lui. Pour l’organisation, cette situation renforce le caractère confus et contestable de la démarche de la DCPJ.

Tout en reconnaissant le devoir de la police judiciaire de mener des enquêtes, le RNDDH insiste sur la nécessité de respecter les garanties fondamentales prévues par la Constitution haïtienne et les conventions internationales, notamment la présomption d’innocence, le droit d’être informé des charges et le droit à un procès équitable. L’organisation rappelle que l’avis de recherche ne peut être justifié que dans des cas précis, comme la fuite, l’évasion ou l’exécution d’un mandat d’arrêt, ce qui, selon elle, n’est pas le cas des personnes visées.

A rappeler que Julcène Édouard a été récemment convoqué par la DCPJ. Notre rédaction n'est toutefois en mesure de confirmer s'il a répondu à la demande de comparution. 

Enfin, le RNDDH met en garde contre toute instrumentalisation de la police judiciaire, estimant qu’une telle pratique porterait atteinte à l’État de droit et affaiblirait davantage la confiance du public dans les institutions. Il recommande à la DCPJ de suspendre les avis de recherche visant Ralph Youri Chevry, Smith Joseph et Édouard Julcène, et d’aligner strictement ses actions sur les prescriptions de la loi.


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