Le gouvernement haïtien a rendu un vibrant hommage au Monseigneur Joseph Willy Romélus, évêque émérite du diocèse de Jérémie décédé hier, mardi. Dans un communiqué publié ce mercredi 13 août 2025, il a salué «la grandeur de son ministère, son héritage spirituel et social.»
Le Monseigneur Joseph Willy Romélus, évêque émérite du diocèse de Jérémie n’est plus. Il est décédé hier, mardi 12 août 2025 dans sa résidence privée située à Château, dans la commune d’Arniquet (Sud).
Le gouvernement haïtien a salué le départ du Mgr Romélus et s’est incliné avec respect devant sa mémoire. Il a honoré « son engagement pastoral exemplaire au sein du diocèse, son profond attachement aux plus démunis ainsi que la grandeur de son ministère et l’héritage spirituel et social qu’il laisse à la communauté nationale . »
Suite à cette perte inestimable, la Primature a exprimé « sa solidarité à l’Église catholique d’Haïti, sa famille, ses proches et à tous les fidèles du diocèse de Jérémie.»
Décédé à l’âge de 94 ans, Monseigneur Romélus a été ordonné prêtre le 13 juillet 1958, puis nommé évêque résidentiel de Jérémie le 26 avril 1977.
Parmi ses initiatives les plus importantes on compte la construction de la nouvelle cathédrale Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse de Jérémie. Dès 1996, il a mobilisé les paroisses autour de cette œuvre ambitieuse, conçue pour devenir un lieu de pèlerinage international. Malgré les nombreux obstacles financiers, il a mené les démarches pour que ce projet prenne forme, posant la première pierre en janvier 1997. Le chantier, situé derrière l’évêché, symbolise selon lui l’unité et l’espérance pour la communauté chrétienne locale et mondiale.
Au-delà de ses réalisations matérielles, Mgr Romélus était un fervent défenseur des droits humains. Proche du mouvement Lavalas, il a constamment pris position en faveur des pauvres et des victimes d’injustices sociales en Haïti. En reconnaissance de son combat, il a reçu en novembre 1994, à Strasbourg, le Prix européen des Droits de l’Homme.
Il a joué un rôle actif dans la mobilisation qui a conduit au départ de Jean Claude Duvalier le 7 février 1986. Il est l’auteur du célèbre slogan “Rache Manyòk” lancé en 1987 pour obtenir sans succès le départ du Conseil National de Gouvernement (CNG) dirigé alors par le général Henry Namphy. Durant le coup d’Etat militaire (1991-1994), l’évêque a été agressé par des manifestants pro-putchistes aux abords de la Cathédrale de Port-au-Prince en 1993.
Ses funérailles seront chantées le jeudi 21 août 2025 à 9h00 AM au Sanctuaire Notre-Dame de la Médaille Miraculeuse, précédées d’une veillée funèbre le mercredi 20 août à 18h00 à la cathédrale Saint Louis de Jérémie.
Par: Daniella Saint-Louis
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